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L'innovation, objet de désir et alchimie (II)

Avec "l'énigme du désir" peinte par Dali, cette partie II aborde quelques articles récents sur les pratiques favorisant ou défavorisant l'innovation.

L'innovation : quelques pratiques défavorables des et en organisations

On a déjà été cité ailleurs l'article de C. Bouquet et son analyse de la confrontation des taxis avec les VTC comme archétype de résistance au changement où les taxis tâchent d'empêcher l'émergence des VTC pour préserver leur marché.

S. Kirsner publie "les 11 façons dont les grandes entreprises sapent l'innovation". Il décrit la résistance à l'innovation, avec par exemple la demande insistante de données, l'exigence d'un retour sur investissements de 18 mois ou le manque de constance. J'ai vu, en entreprise et en école d'ingénieurs, des innovations étrillées en comités de direction, où ses membres voyaient ces nouveautés concurrençant ce qu'eux-mêmes avaient construits ou connus par le passé.

T. Tse et M. Esposito disent que la technologie peut aliéner la capacité d’expression de notre créativité. Comment renouveler nos perspectives, si l’on baigne dans une foule de données? Ils préconisent d'essayer la "low-tech" attitude en se débranchant de temps en temps pour ne pas encombrer notre cerveau avec des idées conventionnelles et ne pas nous faire perdre notre capacité à raisonner.

G. Simon évoque les conduites au changement qui deviennent contre-productives car trop prégnantes ou disproportionnées par rapport au projet de changement ou bâties contre la culture de l'entreprise où elles sont déployées. Les conduites au changement peuvent alors au contraire fédérer les salariés contre lui et contre le changement visé.

L'innovation : quelques "bonnes" pratiques

Le Figaro montre en exemple le Partech Shaker, une fabrique à start-up où un fonds d'investissement propose à des start-up des bureaux et des services pour se développer et un lieu de veille pour des grands groupes qui veulent se nourrir d'innovation.

G. Le Roy conseille de désobéir pour innover et réussir, car désobéir permet une autre réalité, de ne plus suivre mécaniquement les règles du jeu, qu’il s’agisse des nôtres ou de celles de notre environnement. Il peut être nécessaire de mentir à un comité de pilotage sur les risques et coûts d'un projet, sinon aucune tentative ne serait décidée.

D'autres comme T. Wedell-Wedellsborg et P. Miller suggèrent l'innovation clandestine sans passer par la validation et l'autorisation. J'ai pu vérifier en entreprise que la clandestinité pouvait être efficace. Une première fois en créant un groupe, composé de membres de services qui ne coopéraient pas, qui a produit des solutions. Une seconde fois où de nouveaux paramètres de marche d'unités de production devaient être cachée, pour éviter que la production ou la qualité ne bannissent a priori ces idées.

On recherche serial innovators, sachant échouer et osant le pessimisme

E. Boinott évoque cinq qualités que les entrepreneurs ont en commun et parmi elles, être serial innovator. On peut y ajouter savoir échouer (mais pas nécessairement avoir échoué comme l'écrit S. Lhammen), et aussi oser le pessimisme en élaborant des plans B... C qui active la créativité, comme le suggère P. Gabilliet.

arnaud delebarre

6 octobre 2014

Hommage personnel : je me suis souvenu avec bonheur de la communication de J-P Birat "A quoi servent la prospective et la recherche technologique à long terme, puisque la première se trompe beaucoup et que la seconde ne débouche pas souvent, ni rapidement ?" au séminaire Paul Riboud de septembre 2013 où il raconte son expérience de chef de projets R&D et de veilleur et de prospectiviste.

Tag(s) : #Innovation, #Audace, #Entreprise, #Recherche, #Ressources Humaines, #Société

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