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Emissions de particules des véhicules électriques comparées aux véhicules à moteur à combustion interne

J. Ayre doute d'une étude réalisée évaluant les émissions de poussières (PM10) des véhicules électriques. L'université d'Edinbourg et INNAS BV concluent en effet que les émissions de particules de moins de 10 microns (PM10) d'un véhicule électrique (EV) sont égales à celles d'un véhicule moderne à moteur à combustion interne (ICEV). Surprenant a priori !

Démonstration de Timmers et Achten

CleanTechnica référence l'article de J. Ayre paru dans EVObsession article qui mentionne une communication au Green Car Congress du 18 avril 2016 faisant elle état d'une publication dans Atmospheric Environment signée par Timmers (Université d'Edinbourg) et Achten (INNAS BV). Ouf ! Mais l'étude reprend elle-même d'autres études. Timmers et Achten constatent d'abord que le poids d'un véhicule électrique (EV) est en moyenne 24% plus élevé que le même en version moteur à combustion interne (IECV). Ils reprennent alors une étude du Paul Scherrer Institut qui constate qu'un surpoids de 280 kg générera une surproduction de PM10 de 1,1 mg/véhicule.km (mg/vkm) par l'usure des pneumatiques, 1,1 mg/vkm par l'usure des freins, et 1,4 mg/vkm par l'usure de la route. Mais comme d'autres prétendent que l'usure des freins est moindre pour un EV du fait de la régénération au freinage, Timmers et Achten supposent que la génération pour les EV est nulle pour ce poste. Reste la contribution due à la "resuspension" des poussières, c'est-à-dire la mise en suspension par le véhicule de poussières présentes sur la route ou au voisinage. Timmers et Achten utilisent une corrélation qui prétend que la resuspension est proportionnelle au poids (difficile de penser qu'un véhicule, toute chose étant égale par ailleurs, puisse générer du ré-envol de particules du seul fait de son poids !) : ils augmentent donc de 24% la resuspension des EV de 40 à 49,6 mg/vkm (cf figure de ce billet).

Le faux effet du poids des EV ?

La loi inspirant Timmers et Achten semble provenir d'une étude de l'Environmental Protection Agency qui propose une équation où l'émission de particules est une (quasi)proportion du poids W, assortie d'une ferme mise en garde, que le poids à utiliser est le poids moyen des véhicules qui circulent sur la route et qu'en aucun cas l'équation ne doit être utilisée pour calculer les émissions par "resuspension" d'une classe de véhicules. Cette corrélation existe aussi avec une pondération en fonction de la fréquence des pluies. Une étude du Boreal Environment Research analyse de manière détaillée la physique de la "resuspension". On y comprend que le poids du véhicule intervient au sens de sa catégorie (e.g. poids lourds), au travers de son aérodynamisme ou de la taille de ses pneus, mais pas de son seul poids toutes choses étant égales par ailleurs. L'étude indique aussi que le trafic peut réenvoler des poussières qui ne se redéposent pas si le trafic est assez intense.

Il est donc osé d'induire que les EV émettent plus de PM10 que les IECV par leur seul surpoids.

arnaud delebarre

26 avril 2016

Tag(s) : #Automobile, #Changement climatique, #Electricité, #EV, #Mobilité, #Particules, #PM10, #Pollution, #Véhicule électrique

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