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Ecoles d'ingénieurs : le mariage pour toutes ?

Les managers ou les tutelles avancent souvent un accroissement de visibilité pour promouvoir rapprochements, regroupements ou fusions entre établissements. Certains poussent l'argumentation jusqu'aux gains qui seraient apportés par la mutualisation, en oubliant les coûts induits par les structures obèses créées pour gérer ces groupes. C'est par exemple parfois le cas pour les universités, comme pour les écoles d'ingénieurs.

Réseauter, se fiancer, divorcer, se suicider, ingérer

Les unions ou alliances entre écoles d'ingénieurs peuvent recouvrir plusieurs configurations. Ainsi l'Ecole Supérieure des Sciences et Technologies de l'Ingénieur de Nancy (ESSTIN) a été sélectionnée, avec période probatoire de 2 ans, par le réseau Polytech. Le directeur actuel de l'ESSTIN aurait été décisif dans ce ralliement selon son propre communiqué, quand, candidat à la direction, il s'opposait à ce projet de manière parfois discutable. L'ESSTIN a toutefois encore une chance de réaliser son voeu de ne pas devenir Polytech, en n'obtenant pas l'accréditation de ses diplômes par la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI), exigée par le réseau Polytech pour en devenir membre.

Si toutefois l'ESSTIN échouait à échouer, elle appartiendrait alors à un groupe d'écoles d'ingénieurs internes à l'université de Lorraine, et à un réseau d'écoles hors de cette université. L'école des Mines de Nancy est déjà dans ce cas là. L'université et son collégium d'écoles, tout autant que certaines de ces écoles, devant consentir à ce qu'une école ait plusieurs familles. Le cheminement apparaît inverse pour l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE), qui, déjà membre du groupe ENI, s'associe, au sein de sa COMUE, avec Centrale Lyon pour le projet "Centrale Lyon Technologies" dont le nom est à lui seul une indication. Le groupe ENI, a d'ailleurs perdu l'ENI Val de Loire, école intégrée au groupe INSA, pour la création de INSA Centre Val de Loire avec ENSI Bourges.

A qui profitent ces jeux de groupement, d'alliance et d'appartenance ?

Les alumnis sont souvent dubitatifs, voire opposés, aux pertes de marques. Ces tractations accordent en effet peu de valeur à certaines identités, ayant pourtant demandé des années pour les bâtir, et, au contraire, valorisent d'autres marques jugées plus porteuses. Toutefois certains groupements estiment que les identités de leurs membres sont précieuses pour eux, au point de chercher à les préserver.

Sur Facebook, un quidam demandait si les salaires d'embauche des diplômés ESSTIN baisseraient avec l'entrée dans le réseau Polytech ! Le réseau Polytech déclare dans son slogan : "Relevons les défis de demain". Quels sont ces défis ? L'employabilité des diplômés et des diplômés aux compétences que le tissu économique demande ? Des diplômés qui gagnent bien leur vie ? Des diplômés à prix abordables pour l'industrie ? Le bonheur des étudiants au cours de leurs études ? La prise en compte de nouvelles façons d'enseigner ou d'apprendre plus adaptées aux nouvelles générations et à leurs compétences effectivement acquises avant le bac ? On constate que bien souvent ces jeux de groupements ou de dégroupements ou d'absorption prennent peu en compte le bien-être et les voeux des étudiants et futurs diplômés, et plus ceux des enseignants et des tutelles.

arnaud delebarre

12 mai 2015

Tag(s) : #COMUE, #Ecole, #ESSTIN, #Etudiants, #IMT, #Ingénieurs, #Lorraine, #Polytech, #Université

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