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Une baignoire a une contenance de 150 litres. Elle a trois robinets. Le premier peut la remplir en 3 heures, le second en 5 heures et le dernier en 10 heures. Sachant que la baignoire a une fuite de 35 litres par heure : (1) combien faut-il de temps, malgré la fuite, pour remplir la baignoire en ouvrant les trois robinets simultanément ? (2) combien aura-t-on consommé d'eau ? C'est à peu près le problème de l'embarquement et du débarquement des passagers d'un Airbus A380, à la nuance près, qu'en général, un Airbus ne se remplit pas, ni ne se désemplit de ses passagers simultanément. Il est néanmoins dommageable que le génie des procédés et le dimensionnement d'un réacteur, et de ses alimentations et évacuations, n'aient prévalu pour calculer les infrastructures aéroportuaires et la capacité d'un A380, en accord les uns avec les autres.

Airbus A380 : un trop gros porteur pour débarquer dans de trop petits aéroports ?

L'Airbus A380 est censé être une réussite, sauf peut-être pour ses passagers, notamment ceux de la classe économique qui débarquent ou embarquent après les privilégiés de tous ordres : ceux de première, de business, de premium economy, des sièges à supplément x ou y du pont supérieur de l'Airbus A380. Cinq cents personnes ou plus à embarquer ou à débarquer suppose des infrastructures adaptées, tant pour les passerelles et portes d'entrée et de sortie, que pour les contrôles de police des frontières ou de sécurité. Quand un Airbus A380 d'Air France libère ses passagers à Charles De Gaulle Terminal 2E, les passerelles, escaliers et portes vers la sortie, les contrôles ou les tapis à bagages sont sujets à un écoulement visqueux. Il y a les passagers qui en attendent d'autres dès la sortie de l'avion et stationnent dans les passerelles, les allées ou devant l'entrée des escaliers, sans se soucier des embouteillages qu'ils créent. La vidange de centaines de passagers est rendue peu fluide par des équipements sous-dimensionnés pour de tels flux momentanés. Quand il arrive également qu'une seule passerelle soit reliée à une seule porte de l'A380, la classe économique du pont inférieur attend longtemps que ceux du pont supérieur et les classes "aisées" aient débarqué. Le contrôle de douane est à l'avenant avec des files entre les rubans aéroportuaires qui s'allongent sous l'accumulation des passagers qui attendent que la police des frontières valident leur entrée. L'examen des visas et passeports à un nombre limité de guichets crée des points d'accumulation importants. 

Airbus A380 : un trop gros porteur pour embarquer dans de trop petits aéroports ?

L'embarquement dans un A380 est également laborieux. Même si les contrôles de polices et de sécurité absorbent en général mieux la charge qu'au débarquement car dimensionnés pour de nombreux vols à la fois, le passager de la classe economy ordinaire doit attendre que tous les "Sky priority" ou parents à poussettes n'aient été embarqués pour commencer à entrevoir la cabine. Les portes d'embarquement n'ont guère plus de portillons de contrôle que pour des avions plus petits. Du début de l'embarquement à sa fin, une heure est une durée usuelle, surtout si l'embarquement est agrémenté (souvent selon certains personnels de la compagnie Air France) du retard de passagers ayant des bagages en soute, qui se font attendre et retardent la fin d'embarquement et en conséquence, affectent le créneau de décollage et les horaires de l'ensemble des cinq cents autres voyageurs.

Airbus A380 chez Air France : un gros porteur au service perfectible

Le service à bord un Airbus A380 d'Air France est plus équilibré entre inventaire de passagers et flux des stewards et hôtesses dans les rangs. Le service des repas et autres distributions à bord de ses A380 semble aussi rapide que dans des avions plus petits. Le personnel est parfois enclin à l'attention et à la disponibilité comme pour le vol AF116 du 23 avril 2017. Beaucoup moins le 29 avril sur l'AF111 ou sur l'AF116 du 29 mai, avec pour ce dernier un commandant de bord à l'humour atypique, mais obséquieux quand il vient saluer la première avant le débarquement. Par ailleurs une amélioration serait celle des indications des cartes proposées aux passagers. On y lit "creux des marianas" pour "fosse des Mariannes"; la "tranchée d'Izu" dans le Pacifique. Et aussi une "lingne (sic) de changement de date" ! Vue la distance à parcourir une fois atterri avec l'AF111 à Charles De Gaulle ce 7 juin, on espère que le pilotage utilise d'autres données que celles offertes aux passagers.

 

arnaud delebarre

9 juin 2017

Tag(s) : #A380, #Aéroport, #Air France, #Airbus, #Avion, #Dimensionnement, #Génie des Procédés, #Pauvres, #Société

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