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Etre pauvre en France est difficile, être pauvre et parent plus encore. La France compte en 2014 cinq millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,8 millions si l’on utilise le seuil à 60 %, soit un taux de pauvreté de 8,1 % et de 14,1 % de la population. Ce blog a déjà évoqué comment l'Etat asservit une mère célibataire et le harcèlement auquel cette mère et ses enfants sont soumis, jusqu'à leur placement récent en foyer. Jérémie, leur frère aîné, attend toujours ses deux frères, placés en foyer depuis le 2 février. Ils vont mal, avec un moral très affaibli, et n'en peuvent plus d'attendre leur "libération de prison" (sic).

1. Comment subtiliser des enfants de familles modestes ?

En France, les administrations, institutions et organismes peuvent mener des actions hostiles sur les familles modestes, soit pour les contraindre à des contrôles et tutelles de gestion et éducatives, soit pour leur retirer leur progéniture. La mécanique est simple : (1) rendre onéreuse la vie de famille, notamment l'éducation et l'instruction des enfants; (2) émettre des exigences sur les choix et moyens parentaux et les résultats des enfants; (3) finaliser en justice en entérinant des placements des enfants proposés par les services sociaux.

1.1. Des obligations inaccessibles financièrement pour les familles pauvres

Pour mettre la main sur les enfants modestes, l'Etat français contraint d'abord les pauvres à ne pas pouvoir respecter des injonctions notamment en créant des obligations des parents vis-à-vis de leurs enfants qui demandent des dépenses inaccessibles aux foyers modestes. C'est le cas de certaines activités scolaires ou périscolaires ou encore de cantine scolaire imposée du fait de la disparition de moyens de transport pour revenir chez eux durant la pause méridienne. Avec l'interdiction d'apporter un casse-croûte, l'enfant de pauvres est contraint à la cantine dont les prix sont parfois inaccessibles aux familles modestes quand l'instance locale n'est pas généreuse*. Un foyer modeste pourra se voir imposer la gestion de son foyer par une Union Départementale d'Associations Familiales (UDAF), car il est connu que les pauvres ne savent pas gérer la misère que peuvent constituer des allocations familiales et de logement, et des parts de Revenu de Solidarité Active (RSA).

1.2. Moins de liberté et plus de contraintes pour les pauvres et leur progéniture 

Au-delà des questions d'argent, une famille pourra se voir imposer des mesures d'actions vis-à-vis de ses enfants, comme des soins ou un suivi médical : rencontrer des éducatrices et autres services éducatifs, des rendez-vous imposés auprès de psychothérapeutes, d'orthophonistes... De véritables tribunaux sont réunis dans les écoles par des éducateurs de Services d'Action Educative en Milieu Ouvert (SAEMO) où les parents doivent être présents et répondre de leurs fautes éducatives. Des familles modestes peuvent se voir reprocher une présence éducative faible, quand des familles aisées dont les parents placent leur progéniture de nounous en crèches ne sont nullement qualifiées d'être abandonniques. Un pauvre devra justifier de l'absentéisme scolaire de ses enfants quand certaines des absences n'auront pas été validées par des certificats médicaux, obtenus sur consultations qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. La justice tranche sur la foi des comptes rendus de services comme l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) et le couperet tombe facilement : placement avec des injonctions qui dépendent du bon vouloir de l'ASE à témoigner des améliorations à la justice.

2. Pourquoi subtiliser des enfants de familles modestes ?

2.1. Les pauvres sont vulnérables et ne savent pas se défendre

Une raison particulière de viser les enfants des pauvres est qu'il est assez facile de démontrer des insuffisances de niveau de vie ou d'éducation dans des foyers modestes car éduquer des enfants est une activité de revenus moyens ou aisés en France. Le pauvre ne pourra pas se défendre efficacement notamment du fait de moyens insuffisants pour se déplacer, écrire, contester, ester en justice...

2.2. Les enfants sont un business pour les professionnels chargés de l'enfance

Il y a une autre motivation à ce que des services et des professionnels se chargent d'enquêter et de contraindre des familles et leurs enfants. C'est leur métier et leur gagne-pain, et détecter les problèmes familiaux constituent leur raison d'exister, pas les résoudre. Le SAEMO REALISE de Lunéville est un exemple typique, où l'éducatrice M. B. a été capable de prouesses complotistes pour retirer les deux frères de Jérémie au point qu'on peut se demander si elle touche une commission par placement. Des institutions qui accueillent en placement sont-elles dotées de fonds au pro rata de leurs effectifs ? Ont-elles des bilans financiers plus favorables avec des effectifs plus nombreux ? Un espoir subsiste que les placements abusifs cessent pour des raisons financières : les territoires qui financent voudraient bien faire des économies et demandent aux acteurs de ne placer qu'à bon escient.

 

Jérémie, ses deux frères et leur mère vont mal. Un placement est normalement fait pour protéger des enfants de mauvais traitements. Les deux frères de Jérémie, placés par le tribunal de Nancy sur la foi d'un travail ignoble du SAEMO et de l'ASE de Lunéville, sont au contraire devenus des victimes, parce que leur mère modeste et célibataire et eux-mêmes étaient une proie facile du business social.

arnaud delebarre

15 avril 2017

* Avec ces obligations et prix de cantines, certains enfants reçoivent au contraire l'injonction de la part de leurs parents de se goinfrer à la cantine car c'est le seul repas correct qu'ils auront dans la journée : quitte à payer cher autant le valoriser.

Tag(s) : #ASE, #Etat, #Frères, #Jérémie, #Lunéville, #Nancy, #Pauvres, #Placement d'enfant, #REALISE, #RSA, #SAEMO, #UDAF

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