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Chaque année, l'ouverture d'admission post-bac (APB) ravive les débats, d'une part, sur l'algorithme qui harmonise les candidatures acceptées et les vœux des candidats inscrits sur APB, et d'autre part, sur la liberté de choisir son orientation pour les lycéens et la liberté de sélectionner pour les établissements. Quand ce n'est pas sur l'iniquité de l'usage internet pour s'orienter*.

Choisir ses études par business plan ou par plaisir ?

Pour choisir leurs études supérieures, les jeunes générations et leurs familles font face aux injonctions suivantes : faut-il continuer des études ou pas ? A quel coût sont-elles ? Jusqu'à quel diplôme ? Où ? Dans quels domaines ? Pour quels métiers ? Pour quel retour sur investissement ? Bien que questionnés lors de leur scolarité sur le métier qu'ils veulent faire, N. Sutour pointe que c’est d'abord une filière d’étude que les élèves doivent choisi. De quelles études ai-je envie l’an prochain ? Où vais-je pouvoir prendre du plaisir à apprendre ? A l'opposé, on se souviendra des déclarations de L. Wauquiez qualifiant de fantaisistes, les formations des métiers du cirque et des marionnettistes…contrairement aux formations débouchant sur de vrais jobs. La difficulté est alors de savoir quels sont ou seront les "vrais jobs"! Des études chiffrent régulièrement le nombre d'emplois menacés (e.g. les études d'avant le WEF - Davos 2016), ou proposent les métiers d'avenir (e.g. Les métiers en 2022 par France Stratégie). Quand le débat ne porte pas plus radicalement sur l'avenir du travail (e.g. B. Gates, déclarant que l'emploi c'est fini) et son remplacement ou sa complémentation par un revenu dit "universel".

Rêver, hésiter, choisir, trouver

La liberté de choisir ses études est souvent contrariée par l'invitation à choisir des filières qui conduisent à un métier, et l'obligation de choisir ses études parmi des orientations proposées. Le grain à moudre de France Culture propose ce 17 janvier 2017, en prélude à l'ouverture d'APB, l'émission "L'école sait-elle orienter les élèves?". On y entend notamment que des élèves se voient assez souvent suggérer des études où ils seront mieux à même de réussir car leurs professeurs et orienteurs préfèrent un élève faisant des études qu'il réussira, plutôt que des élèves poussés à faire des études ambitieuses. On retrouve chez certains, plus rares, une incitation forte pour les jeunes à rêver leur projet, comme chez J. Génin, ayant quitté l'école à 12 ans pour travailler à l'abattoir, avant de bifurquer vers le chocolat. De même, B. Cyrulnik préconise que "ce qui peut aider un jeune à trouver sa voie, c’est son pouvoir de rêve". "Ne pas se précipiter, rêver, voyager..." à l'occasion de "O21/s'orienter au XXIe siècle", même si il faut ensuite se réveiller, bien sûr. Ce conseil de ne pas se précipiter et de voyager rappelle les apports bénéfiques de l'année sabbatique, assez répandue et pas considérée comme un défaut dans un curriculum vitæ hors de France, évoquée dans l'émission "L'école sait-elle orienter les élèves?". B. Cyrulnik ajoute qu’"on n’a pas le choix entre le plaisir de vivre et l’austérité d’apprendre, les deux sont associés". E. Sloïm affirme aussi que l'orientation est une affaire de sérendipité : "s'orienter c'est aussi avoir la capacité de trouver ce qu'on ne cherche pas" à l'occasion d'une autre rencontre du même "O21/s'orienter au XXIe siècle".

arnaud delebarre

11 février 2017

*La précarité numérique existe pour plus de cinq millions de citoyens français, par absence de compétences numériques, par difficultés d’accès liées à la bancarisation des personnes et par le coût des équipements. Emmaüs Connect indique que parmi ses bénéficiaires 78% déclarent ne pas disposer d’un accès privé et personnel à internet avec 32% faute d’équipement et de connexion; 30% faute de savoir lire et écrire; 38% par crainte ou par ignorance.

Tag(s) : #APB, #Davos, #Emploi, #Etudiants, #Jeunesse, #Liberté, #O21, #Orientation, #Rêve

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