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L'Etudiant avait renoncé à classer les écoles d'ingénieurs pour des raisons parfois discutables. Ce blog avait donc publié à la fin de 2015 un palmarès 2016 des écoles d'ingénieurs à partir des données de l'Etudiant en regroupant les écoles en 3 ans (après prépas) et les écoles en 5 ans (post-bac). Cependant, l'Etudiant vient de proposer cette fin 2016 un palmarès 2017 des écoles d'ingénieurs. Contrairement à sa tradition de séparer les écoles en 3 ans des écoles en 5 ans, l'Etudiant a établi cette année un palmarès unique. L'enquête utilise les déclarations chiffrées des écoles en les consolidant en trois notes, chacune bâtie avec 4 critères évalués sur 5 : "Excellence Académique", "Ouverture Internationale" et "Proximité avec les entreprises". Les données transmises sont parfois vérifiées par l'Etudiant avec les écoles; manquent parfois; parfois sans empêcher l'Etudiant de noter. Cette enquête est appréciée par les écoles, parents et candidats. Elle obtient un bon taux de réponses : en 2015, les données de 164 écoles ont été publiées (sans classement); en 2016, l'Etudiant revendique 168 écoles d'ingénieurs en 3 et 5 ans ayant répondu et propose un classement général 2017. Cet article compare ici la place de chaque école dans le classement 2017 des écoles d'ingénieurs établi par l'Etudiant, avec celle du classement 2016 établi sur ce blog à partir des données de l'Etudiant*. Voici quelques enseignements du classement et de son évolution.

Première conclusion : on peut lire dans le classement 2017 (ici) que les 91 écoles en 3 ans ont en moyenne un classement supérieur au classement moyen des 76 écoles en 5 ans : 66 contre 99 pour l'édition 2017 sur 167. Cette situation est relativement semblable à celle de 2016 pour les 164 écoles (94 en 3 ans et 70 en 5 ans) classées l'an dernier. On notera toutefois que la classification par durée de scolarité est parfois réductrice dans la mesure où des écoles ont des recrutements diversifiés qui peuvent faire varier la durée de la scolarité au cas par cas.

Seconde conclusion : il y a des sauts qualitatifs importants dans les positions des écoles entre le palmarès 2016 et le 2017. Une dégradation de -66 et une amélioration de +52 sont en effet visibles. Ces sauts atypiques ne doivent pas masquer les sauts moins importants mais néanmoins marqués, entre écoles aux performances voisines où un écart d'un point peut changer sensiblement les choses. De plus, la qualité des données fournies peut varier d'une année sur l'autre pour une même école en fonction du soin apporté à la collecte des données et à la réponse transmise par l'école au journal.

Troisième conclusion : les groupes et marques de groupe ne confèrent guère d'avantage décisif à leurs écoles entre ces deux classements, sachant toutefois que les groupes d'écoles apportent des liens et des synergies très différents selon le cas, en apportant ou non des avantages de notoriété ou de moyens. Les écoles de Grenoble INP et de INP Toulouse améliorent ou non leur performance. La marque Lorraine INP a disparu des réponses des dix écoles (sur onze) de l'université de Lorraine (1). La situation est semblable au sein des écoles du groupe Polytech ayant répondu aux deux enquêtes : pas d'amélioration générale. Les écoles de la marque Centrale ont aussi des sorts qui fluctuent. Les écoles du groupe Mines et de la marque ENI améliorent majoritairement leur classement en 2017. 

(1) Quelle déconvenue pour l'ESSTIN avec qui l'auteur de ce blog a partagé un bout de chemin. Cette école était montée pas à pas de la place 50 sur 67 écoles (en 5 ans) en 2008 à la 31 sur 68 en 2012. Elle est maintenant classée en 51/76 des écoles en 5 ans sans doute grâce à la qualité de ses nouveaux managers, de son Conseil et de leurs décisions.

Quatrième conclusion : on mentionnait l'an dernier qu'une fusion comme celle de Supélec et Centrale Paris semblait apporter un gain à vérifier dans la durée : CentraleSupélec perd le n°1, mais occupe les n°2 et 3 avec deux diplômes. Le rapprochement ENI Saint-Etienne et Centrale Lyon ne donne pas d'avantage et Telecom Lille et Mines de Douai n'est pas probant pour le moment. On continue d'observer que certaines écoles répondent sous plusieurs diplômes et obtiennent des placements élevés pour leur diplôme phare : Centrale Lille est classée 3 fois aux positions 10, 24 et 64.

Cinquième conclusion : les écoles spécialisées, voire pointues, semblent désavantagées par l'enquête. Une école comme Géologie de Nancy ou Météorologie de Toulouse paraissent sous-estimées. L'ENSTIB de l'université de Lorraine n'a pas répondu. Les critères de l'enquête désavantagent-ils des écoles très spécialisées ? Ces écoles comptent-elles plus sur l'attractivité intrinsèque de leur thématique pour des étudiants motivés, moins attachés à la performance de l'école qu'ils visent ?

14 décembre 2016

arnaud delebarre

*Une des 168 écoles (Paoli Tech) n'a pas répondu suffisamment, au point de ne pas avoir de cotation pour le critère "Proximité avec les entreprises". Elle ne sera donc pas conservée pour la suite. La comparaison 2017/2016 ne vaut que pour les écoles ayant participé aux deux classements, et peut être perturbée par des changements de périmètre de certaines écoles, des séparations de diplômes, des créations d'entités... 

Tag(s) : #Ingénieurs, #Classement, #Ecole, #Centrale, #ENI, #INP, #ESSTIN, #L'Etudiant, #Lorraine

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