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L'élection de D. Trump serait une surprise ! Un résultat inattendu ! Un séisme ! Certes pour des commentateurs prenant leur désir pour la réalité ou prédisant sur la base de leur microcosme. Il y a les donneurs de leçons habituels qui pensent que si les électeurs votent mal c'est qu'on leur a mal expliqué le bon vote. Des analyses de l'élection de Trump, comme du Brexit et d'autres élections se résument à dire que le peuple est en colère ou inquiet, qu'il a peur, ou que l'on n'a pas assez fait de pédagogie pour expliquer comment il fallait voter. (C. Ockrent : tout est rapidement oublié et l’effort de pédagogie peu récompensé). A. Comte-Sponville donne dans l'analyse de comptoir : les passions, lorsque nous sommes faibles, sont plus fortes en nous que les idées, et même que nos intérêts. Avec cette pensée forte : que le peuple soit souverain, c’est le principe même de la démocratie. Mais cela ne garantit nullement qu’il ait toujours raison, ni qu’il ne puisse opter pour le pire. A. Brezet la joue fine en parlant d'erreur de pronostic des experts et des sondeurs tout en proposant son expertise pour analyser le vote : les électeurs qui ont voté Trump n'ont pas obéi à un quelconque déterminisme «identitaire», ils ont tout simplement voulu dire leur colère d'habiter - de plus en plus mal - un pays qui se défait. C. Ockrent confirme en vendant L'Amérique en colère. J. Sapir invoque l'opposition entre agglomérations et reste du pays, le vote Sanders et l'abstention : présenter le vote Trump comme un vote « blanc » et raciste passe largement à côté des réalités. [...] Une partie de l’électorat populaire réagit au chantage de l’élite «nous ou le chaos» en choisissant le candidat «anti-élite» ou «anti-système», que ce soit de manière passive (par l’abstention) ou que ce soit de manière active (en votant pour lui). B. Sanders y voit la fatigue : les gens sont fatigués de travailler plus longtemps pour des salaires plus bas, de voir des emplois payés décemment partir en Chine ou d'ans d'autres pays à faibles salaires, fatigués des milliardaires qui ne paient aucun impôt fédéral sur le revenu, et fatigués de ne pouvoir offrir une éducation universitaire à leurs enfants - alors que les très riches deviennent toujours plus riches.

Finalement, pour paraphraser les mots de J. Sapir, ne pas voir dans le vote pour Trump un vote raciste et sexiste pourrait passer largement à côté des réalités.

arnaud delebarre

11 novembre 2016

Tag(s) : #Bêtise, Médias, Pauvres, Peuple, Peur, Racisme, Sapir, Trump, USA,

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