Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Merci pour ce gouvernement

Après la complémentaire santé obligatoire, les assureurs disent : "Merci pour ce gouvernement". Le 12 janvier 2016, David Cayla attirait l'attention sur le transfert de L. Boone de l'Elysée à Axa avec ces mots : "maintenant que le gouvernement [...]oblige toutes les entreprises à proposer à leurs salariés (qui ne peuvent refuser) de souscrire une complémentaire santé (vieille revendication de Bébéar, ancien patron d'Axa) la conseillère économique de l'Elysée peut aller trouver un emploi bien rémunéré chez... Axa!".

Retour vers les années 30

D. Cayla développe ensuite l'histoire de la couverture santé. Dans les années 30, il y avait des systèmes de protection sociale pour les salariés qui donnaient [...] une assurance retraite et une assurance maladie. [...] Après guerre, la [...] réforme voulu[e] par la gauche et le CNR a consisté à créer une [...] assurance universelle gérée par les syndicats : la sécurité sociale. [...] Harmoniser toutes [les] prestations n'a pas été une mince affaire [...]. Et puis, on a attaqué [...] progressivement la qualité des prestations fournies (en refusant les hausses de cotisations indispensables à une santé de plus en plus coûteuse) [...]. Ce qui a poussé beaucoup d'assurés à prendre une complémentaire santé privée [et] qui a fini par poser un problème de santé et d'inégalité devant les soins [...]. Et aujourd'hui, le gouvernement [...] a donc [rendu] les complémentaires privées obligatoires [...] où une multitude d'assureurs privés se partagent le gâteau laissé par le recul de l'assurance universelle publique. Et, cerise sur le gâteau, cela se fait dans le cadre d'accord d'entreprises que le salarié individuel ne peut plus contester. Et c'est ainsi qu'on en revient aux années 30... mais en plus complexe puisqu'on associe un système public qui est performant mais structurellement déficitaire* avec un système privé peu performant mais qui pourra ponctionner les salaires de ses assurés sans aucune crainte puisque ceux-ci n'auront aucun pouvoir de contrôle sur ces structures privées.

L'ordre moral et gestionnaire contre les libertés individuelles

M. Touraine a été parfois qualifiée de ministre courageuse (On refait le monde du 17/12/15), pour avoir résisté aux médecins dans le cadre du tiers-payant. C'est aussi une ministre dont la politique attaque les libertés individuelles et discrimine par l'argent. "Sous couvert de faire le bien des gens contre eux-mêmes, on restreint leurs libertés par multiplication des petits interdits", écrit G. Koenig. "Il y a les lois sur les sodas, les mannequins trop maigres, la régulation de l’expression, [...] qui vont toutes dans le sens d’une restriction des libertés". Et quand ce n'est pas pour son propre bien imposé, c'est pour une raison de (saine) gestion. Le rapport de M. Kopp évalue à 240 milliards les coûts du tabac, de l'alcool et des drogues illicites. On attend avec impatience les études de cet économiste sur le coût de la procréation et de l'éducation d'un enfant qui deviendra chômeur, comparé au coût d'un immigré formé adulte, le coût d'un vieux qui vit trop longtemps en retraite, le coût de la démocratie, le coût de la bêtise... On rappelle que le PIB augmente avec les catastrophes naturelles qu'il faut réparer et donc que le réchauffement climatique est une future bénédiction économique.

arnaud delebarre

15 janvier 2016

*le déficit de certaines branches est contesté parfois car des recettes prévues ne parviennent pas aux dites branches.

Tag(s) : #Bienpensance, #Cayla, #Complémentaire, #Démographie, #Koenig, #Merci pour ce moment, #Santé, #Société, #Touraine

Partager cet article

Repost 0