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APB : la liberté ou le tuyau

En France on crée peu d'emplois, mais on a le portail Admission Post Bac (APB) pour accéder à des études supérieures et devenir employable. APB se serait amélioré pour 2016 pour que chacun trouve une voie, et ne reste pas sur le carreau quand les voeux exprimés sur APB sont refusés. Cet outil, censé simplifier les démarches, serait donc plus qu'un observatoire de l'orientation.

Quelle liberté de choisir ou de tenter son avenir ?

Chaque année, c'est la même histoire pour les établissements et pour les futurs étudiants. Les premiers veulent des individus capables et compétents qui réussiront les études proposées et auront les métiers qui s'offrent après avoir été diplômés ou sélectionnés. Les seconds veulent des études qui les attirent ou veulent pouvoir se tromper; pensent à des métiers qui leur permettront de vivre de ce qu'ils aiment, ou ne savent pas encore. Le lycéen peut-il choisir ou tenter sa voie ? Peu d'établissements et d'enseignants acceptent qu'un jeune choisisse sa voie en sachant ce dont il est capable et qu'il peut se tromper ou changer d'avis. Ainsi, lors de ce débat de septembre 2015, seul W. Martinez défendait la liberté de choisir ses études. Ainsi, chaque année, des jeunes galèrent pour annuler un voeu validé sur APB, même si des réorientations possibles en cours d'année permettent de limiter la perte de temps.

Des formations fantaisistes ou des conseils fantaisistes ?

APB indiquera maintenant l'insertion liée à une filière. La formation et l'emploi sont de plus en plus vus comme un tuyau déterminé par des résultats scolaires ab initio. M. Wauquiez voudrait fermer les formations fantaisistes comme celles des métiers du cirque et des marionnettistes…pour des formations débouchant sur des vrais jobs. Mais M. Wauquiez qui a fait une thèse d'histoire, est-il devenu professeur d'histoire ? Est-ce parce que l'on fait des mathématiques en préparatoires que l'on devient mathématicien ? Est-ce parce que l'on apprend les métiers du cirque que l'on devient clown ? Au contraire, une formation bien conçue devrait instruire au-delà d'une catégories de métiers. Les parties prenantes de la formation se contredisent d'ailleurs : d'une part, elles veulent former des jeunes en privilégiant leurs capacités et compétences existantes en "prolongeant le tuyau". D'autre part, elles prétendent reconvertir des adultes chômeurs par une formation hors de leur bagage devenu inemployable, en "changeant de tuyau". Par ailleurs, l'Etat est peu compétent sur les voies d'avenir à privilégier, ni même sur l'avenir de l'emploi à l'échelle de temps de la vie professionnelle de ceux qui s'inscriront en 2016 sur APB : ceux qui conseillent, ignorent quels emplois existeront dans le futur.

Choisir seul pour l'envie, le plaisir, un projet ou un rêve

N. Sutour pointe d'ailleurs que, bien que questionnés lors de leur scolarité sur le métier ils veulent faire, c’est une filière d’étude que les élèves doivent choisir. De quelles études ai-je envie l’an prochain, où vais-je pouvoir prendre du plaisir à apprendre ? C'est d'autant plus vrai que l'on apprend tout autant hors des cursus, par exemple en emploi, et qu'un choix ou une envie peuvent changer.

arnaud delebarre

29 décembre 2015

Tag(s) : #Education, #Emploi, #Jeunesse, #Liberté, #Martinet, #Orientation, #Sélection, #Université, #Wauquiez

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