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Des dirigeants d'entreprises de l'énergie plus fossiles que leurs énergies

Vu ce 6 décembre 2015 : un tag sur les vitres d'un RER dénonçant 200 personnes qui décident de l'avenir de la planète, aidées par des sponsors pollueurs. Il est vrai que les publicités d'entreprises sur les médias français pour la COP21, relèvent plus du greenwashing et du déni de réalité que de la responsabilité. La communication des dirigeants des sociétés françaises du domaine de l'énergie se résument à (i) continuer avec les énergies fossiles et (ii) continuer avec l'électricité nucléaire.

Florilège de déclarations de dirigeants de Groupes français de l'énergie

Total : en mai 2015, son PDG P. Pouyanné se satisfait de dire que Total sera de plus en plus gazier, et même plus gazier que pétrolier; après avoir voulu "s'inviter" dans le nucléaire;

EDF : son PDG J.-B. Lévy déclare en octobre 2015 vouloir continuer le nucléaire avec un design moins coûteux et plus facile à construire que l’EPR alors que le MWh d'électricité nucléaire devient de peu compétitif à onéreux. Euronext sortira prochainement EDF du CAC 40. L'action valait 32 euros en novembre 2005 et 13 euros aujourd'hui : devoir racheter Areva NP n'est pas une sinécure;

Areva : son Président du Conseil d'Administration, P. Varin prône en décembre 2015 un nouveau regard sur le nucléaire en attendant le renouvelable. Sa déclaration porte en elle-même sa contradiction puisqu'il prône le nucléaire en attendant que les renouvelables soient matures, tout en arguant pour de la R&D nécessaire pour une énergie nucléaire au point et compétitive;

Engie : en avril 2015, son PDG G. Mestrallet déclare que le gaz émet deux fois moins de CO2 que le charbon; et déclare en octobre 2015 qu'Engie renonce au charbon;

E.ON : les déclarations du PDG J. Teyssen de E.ON contrastent avec les précédentes. Selon lui, il y a le monde de l'énergie du passé à base de grosses centrales, et celui de l’avenir aux installations photovoltaïques ou éoliennes, où les clients sont aussi des producteurs. Mais il n'a pour le moment pas réussi à défaire E.ON du monde ancien.

La médiocrité et l'immobilisme comme compétences managériales

Les dirigeants français gardent donc le cap sur leur coeur de métier, même si ils n'ignorent pas les énergies renouvelables mais n'orientent pas franchement leurs Groupes vers elles, dont l'essor technologique et les coûts de revient en font déjà un succès dans beaucoup de pays. Ce sont des dirigeants typiques de la nomenkaltura française : tièdes et peu réceptifs aux signaux internationaux du domaine de la production et de la consommation d'énergie. Médiocres dirait A. Deneault. Comme les dirigeants des pays du Golfe qui luttent contre le 1,5°C à la COP21 plutôt que de se préparer à l'avenir. Ces dirigeants sont autant fossiles que l'énergie de leurs Groupes.

arnaud delebarre

9 décembre 2015

Tag(s) : #Areva, #Carbone, #CO2, #COP21, #EDF, #Energie, #Engie, #Entreprise, #EON

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