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La rédaction, le storytelling et la controverse dans le bagage des diplômés

Savoir rédiger

Dans la vie courante d'un laboratoire, il n'est pas rare qu'un doctorant (étudiant en doctorat) se plaigne de l'effort ou de ses difficultés à rédiger son mémoire de thèse. Parfois, le doctorant blogue sur ses ressentis en cours de rédaction, ou témoigne de son avancement de rédaction en abordant le sujet de sa recherche (e.g. le blog de M. Cisel et deux billets récents sur le taux de complétion de MOOC ou la quantification de l'apprentissage en ligne). Dans ces mêmes laboratoires, on peut aussi entendre des propos semblables ou de procrastination de la part d'enseignants-chercheurs qui voudraient s'engager ou sont engagés dans la rédaction d'un mémoire d'habilitation à diriger des recherches. Cependant un accouchement intéresse plus souvent la parturiente, que ses interlocuteurs, même polis ! D'autant plus que, vis-à-vis de recruteurs, certains docteurs intéressent plus par leurs capacités de communication orale ou écrite, que par le sujet de leur mémoire, du fait que rédiger et une qualité essentielle primordiale à beaucoup de missions de cadres.

Savoir raconter

D. Abiker dialogue avec B. Perucca, directrice de la communication du CNRS et avec A. Artaud, champion national du concours "Ma thèse en 180 secondes" (MT180), concours consistant pour des doctorants à raconter leur thèse en 3 minutes devant un jury et un public qui vous distingueront éventuellement. Pendant cet interview, on entend que le MT180 c'est parler aux gens simples, et qu'il faut savoir se mettre en scène, raconter des histoires, notamment pour faire des demandes de financement. Pour sa part, Gaïa Universitas encourage ses doctorants à savoir raconter leurs travaux sous plusieurs formats et pour divers publics : "(1) raconte ta thèse à ta grand-mère (2) raconte ta thèse à tes amis autour d’une bonne bière (3) raconte ta thèse à un directeur de labo qui peut avoir un poste à pourvoir prochainement (4) raconte ta thèse au meilleur spécialiste du domaine dans le couloir d’une conférence internationale". Nonobstant ces capacités formatrices en storytelling, le MT180 est aussi critiqué : N. Delesalle y voit la tyrannie du buzz, G. Birenbaum, l'ineptie de notre époque associant la vitesse, le vernis et la communication et E. Canard la déliquescence qui prime la recherche qui trouve son public, défini par son portefeuille ou par sa force à l’applaudimètre. Car, en effet, si gagner une finale de "Ma thèse en 180 secondes" ne garantit pas l'emploi, ceux maîtrisant le storytelling augmentent néanmoins leur visibilité avec une compétence recherchée des recruteurs.

Savoir analyser les controverses

Les élèves ingénieurs de l'école nationale supérieure des mines de Paris se voient proposer le cours "Description de controverses" pour développer leur capacité d’analyse des situations de controverse (risque technologique, incertitude scientifique, multiplicité des scénarios possibles, conflit de valeur morale ou politique) pour lesquelles il n’existe pas de certitudes et qui demandent des décisions à chaud. L'Institut Supérieur en Ingénierie et Gestion de l'Environnement (ISIGE) fait pratiquer à ses étudiants cet exercice depuis de nombreuses années car les controverses constituent le milieu naturel dans lequel évoluent les réalités environnementales. L'apprentissage de l'analyse et de la décision en situation de conflit, d'incertitude ou de complexité, est aussi un point fort de l'employabilité pour un individu qui sera acteur de projets au cours de ses futures missions.

arnaud delebarre

23 novembre 2015

Tag(s) : #Controverse, #Doctorat, #Education, #Entreprise, #Ingénieurs, #MT180, #PhD, #Ressources Humaines, #Storytelling

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