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Universités : vers une augmentation du service d'enseignement ?

L'Etat se désengage de l'éducation : il ne relie pas croissance du nombre de titulaires du bac inscrits et dotation de l'Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR). D'où, ce 16 octobre, des demandes de moyens exprimés par les étudiants, personnels ou présidents d'université à l'Etat, qui évitent d'autres possibilités.

Augmenter les contributions des étudiants

Augmenter les frais d'études, pondérés ou non selon les revenus ? L'Etat peut vouloir des citoyens formés, soit pour favoriser leur employabilité, soit pour bâtir une nation plus éduquée et cultivée. Les employeurs peuvent avoir des besoins panachés entre BAC-3, BAC, BAC+2 ou BAC+5, voire PhD. Une nation peut vouloir relever le niveau de formation de sa population sans utiliser l'argent comme prérequis pour l'accès aux études supérieures.

Augmenter le service des enseignants-chercheurs

Un autre levier est la productivité du système éducatif. Avec ou sans chemise déchirée, autant les manifestants du 16 octobre demande un effort à l'Etat, autant aucun enseignant-chercheur ni enseignant ne propose de relever son "service" d'enseignement (192-384 heures-équivalent TD par an). Pas de proposition non plus de remplacer du présentiel comme les cours magistraux, coûteux, inefficaces et boudés par les étudiants, par des MOOCs, disponibles, et parfois meilleurs que les cours locaux, dont l'encadrement pourrait être comptabilisé dans le service. Si le temps d'enseignement augmente à durée de travail constante, que dire de la recherche ?

Et le temps de recherche ?

L'examen des effectifs de chercheurs montre que la recherche en France ne s'effectue majoritairement ni au CNRS, ni dans les universités et la production de nouveaux savoirs pour enrichir les enseignements, dépend de la recherche exogène, autant qu'endogène. Par ailleurs, la médiocrité des résultats et des moyens de recherche conduiront certaines universités et écoles à cesser la recherche, en libérant du temps "enseignants-chercheurs" ou en recrutant des enseignants non-chercheurs (cf. conférence de 2014 de M. Aebischer sur les MOOCs et l'externalisation de la recherche, vers 27'20).

Bref, étudiants, enseignants et dirigeants universitaires réclament plus de moyens à l'Etat, sans beaucoup mouiller la chemise pour l'instant.

arnaud delebarre

17 octobre 2015

Tag(s) : #Aebischer, #Argent, #Chemise, #Enseignants, #Entreprise, #EPFL, #MOOC, #Service Public, #Université

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