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Prix de vente de l'électricité et part de production nucléaire

Frog @_RoyBatty_ twitte le 31/07/15 que "fukushima hysteria is very childish", accompagné de la photo d'une falaise sous une voûte étoilée, d'un texte différenciant l'âge enfantin de l'adulte, photo également taguée d'un "Reconsider nuclear" et d'un "Think" (bâti sur le Th du Thorium). Quels signes hystériques puérils post-Fukushima a-t-il donc perçus ? "L'hystérie pro #énergie #nucléaire est-elle post-puérile ou bien cette énergie est-elle simplement trop chère ?"

Quel est le plus hystérique, de l'obstination de l'Etat français tardant à diversifier le mix électrique, et des décisions d'investisseurs dans l'énergie, guidées par une rentabilité et une viabilité méthodiquement évaluées ? La composition du mix électrique des nations dépend (1) d'énergies renouvelables de plus en plus compétitives, (2) du risque carbone devenu réalité pour les investisseurs et (3) d'une électricité nucléaire coûtant plus que 50€/MWh affichés en France (cf contrat Hinkley Point à environ 110 €/MWh). Frog @_RoyBatty_ ajoute alors un "Expensive? compared to German #Energiewende it is very cheap.", et deux graphes estampillés Reconsider nuclear et Think sur les prix de l'électricité selon l'Agence Internationale de l'Energie (IEA). L'un des graphes semble vouloir montrer que des pays ayant un parc nucléaire (e.g. USA, France, U.K.) proposent des tarifs au résidentiel moins élevés que des pays plus engagés dans les renouvelables (e.g. Danemark et Allemagne). Ce faisant, il néglige que l'Allemagne a une production d'électricité nucléaire non négligeable (16%) et oublie que le graphe des prix de l'électricité pour l'industrie montre un Danemark, sans parc nucléaire, à des prix équivalents à ceux de la France. Il néglige également que les prix de vente de l'électricité peuvent comporter d'autres facteurs que le coût de revient (subventions, taxes, incitations, différenciation du client...) et également que l'électricité s'échange à des modalités et tarifs variés entre pays demandeurs et fournisseurs. Il est donc difficile de trouver une corrélation entre la part de production d'électricité nucléaire nationale en Europe et le prix de vente de l'électricité. La figure de cet article montre qu'il y a prédominance d'une électricité peu chère dans les pays de l'ex-bloc de l'Est disposant, ou non, d'une production nucléaire nationale importante, tandis que les pays occidentaux de l'Europe ont des prix plus élevés, qu'ils soient dotés ou non d'un parc national nucléaire, ou en pleine Energiewende ou non.

Le nucléaire fait partie des options des décideurs du secteur de l'électricité, qui intègrent autant les coûts de revient, que le risque carbone, les analyses de cycle de vie et les coûts induits présents ou futurs. Le slogan "Reconsider nuclear" est à double tranchant car les marchés n'investissent que sur la base de (re)considérations factuelles et attractives. Malgré de possibles progrès (e.g. Small Modular Reactor et Offshore Floating Nuclear Plant), les arguments techniques et financiers actuels ne soulèvent pas une vague, non hystérique, ni puérile, en faveur d'une électricité nucléaire (cf WNISR 2015).

Tag(s) : #CO2, #Electricité, #Energie, #Energiewende, #Nucléaire, #OFNP, #Reconsider nuclear, #SMR, #Think

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