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Quand l'Etat français asservit et humilie une mère célibataire

P. Mendès-France indiquait en 1957 que "l’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne [...], soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique [...]. Ce qui se passe pour la Grèce, se produit aussi à l'échelle nationale française pour les individus, avec une délégation que l'Etat impose aux démunis. L'Etat français asservit en effet ses pauvres à des institutions, comme l'éducation nationale, la justice ou les forces de l'ordre, et, dans le même temps, rogne les services rendus. Ce billet témoigne du vécu d'une mère de trois enfants, célibataire, subvenant aux besoins de sa famille grâce à des allocations. Morceaux choisis.

Le harcèlement des services sociaux et académiques envers une mère célibataire

Etre pauvre en France, c'est devoir abdiquer sa liberté et renier sa dignité. Cette mère de famille du Lunévillois est une adolescente meurtrie par le viol par un médecin au cours d'une hospitalisation à Nancy, médecin que la justice a laissé impuni. Cette jeune femme connaît, depuis qu'elle a abandonné son emploi en institution, les sermons, obligations, vexations et harcèlements des services sociaux, scolaires, judiciaires et des forces de l'ordre. Ces parties prenantes s'acharnent en effet à contraindre les choix de vie et éducatif de cette mère, tout autant que ses libertés individuelles. Le harcèlement commence par une assistance sociale qui veut faire rencontrer par ses enfants, des pères biologiques qui ne désirent pas se voir. Il se prolonge par des services académiques, des "équipes" pédagogiques, des institutrices dénonçant un absentéisme scolaire prononcé de ses enfants en menaçant de signalement. En effet les maladies infantiles, les rendez-vous médicaux ou avec la justice augmentent l'absentéisme, étant données la faible fréquence des transports publics entre domicile et école, et l'absence de voiture (voir ci-dessous). Le harcèlement par cette équipe pédagogique continue quand elle convoque la famille sans se soucier de l'agenda de la mère, et quand elle vérifie auprès des professionnels, que les rendez-vous avec médecin, orthophoniste et autres, ont bien existé. Vichy est de retour !

Une juge aux affaires familiales particulièrement autoritaire et bornée

Le harcèlement se prolonge avec une juge aux affaires familiales qui convoque au tribunal, éloigné du domicile, la mère et ses enfants, sans financer le coût du déplacement, les jours de classe. Cette juge s'arroge la compétence de décider de ce qui est bon pour les enfants, sans prévoir l'accompagnement de ses décisions, par l'attribution des moyens financiers pour les honorer. Cette juge impose ainsi des centres aérés aux enfants dont elle prétend de manière erronée qu'ils sont pris en charge en totalité par les allocations familiales. Cette juge trouve en revanche incongru que ces mêmes enfants soient invités en séjour estival en montagne, en se demandant ce qu'on peut bien faire en montagne en été. Sans doute cette juge préfére-t-elle l'éducation par le balnéaire !

Le harcèlement en tout genre de forces de l'ordre

Le harcèlement ne s'arrête pas là. Les gendarmes confisquent le permis de conduire de cette mère après un alcootest rendu positif par un traitement médical qu'une commission de permis a confirmé deux ans plus tard. Cette femme avait dû reconnaître une alcoolémie sous le chantage de voir ses enfants placés et pour éviter de se rendre à l'hôpital pour une prise de sang, quand les gendarmes connaissaient le viol passé et la peur générée par un tel endroit, et avaient refusé une prise de sang dans leurs locaux. Aucune indemnisation pour les frais de consultations et d'analyses engagés par la non-contrevenante pour récupérer son permis indûment retiré. Et plus tard, les mêmes forces de l'ordre s'acharnent à passer à son domicile pour lui reprendre son permis car la justice aurait demandé un mois supplémentaire de retrait pour le même délit fictif d'alcoolémie non prouvé. Quand certains des gendarmes ne s'adonnent pas à de la drague non dissimulée...

Un Etat et des territoires qui suppriment ou privatisent des services

Or, quand l'Etat réforme les rythmes scolaires, il contraint cette mère à une participation aux frais pour les nouvelles activités, au risque de voir ses enfants stigmatisés et exclus. Par ailleurs, dans le Lunévillois, L'Etat regroupe des écoles primaires et éloigne de leurs domiciles les écoliers. Mais dans le même temps, des navettes sont supprimées, empêchant les enfants de revenir entre midi et deux chez eux, tandis que les prix de la cantine onéreux pour de nombreuses familles, ne sont peu ou pas aidés. La privatisation de l'éducation nationale est une chose; la dépense contrainte, en est une autre.

Cette mère célibataire subit le sort ordinaire de démunis en France : asservie dans sa vie privée par l'Etat et ses bras armés; privée de dignité par des services qui l'infantilisent et la surveillent en niant ses capacités d'adulte; et contrainte à des choix de société inadaptés à ses revenus.

arnaud delebarre

15 juillet 2015

Tag(s) : #Egalité des chances, #Femmes, #Grèce, #Harcèlement, #Humeur, #Justice, #Les gens, #Lunéville, #Nancy

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