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Le classement de Polytechnique et les projets Attali et IMT

L'Express titre ce 17 juillet 2015 "Les universités françaises, ces mal-aimées des classements internationaux" en citant le classement du Center for World University Rankings (CWUR). L'article conclut que les classements n'empêchent pas la France d'être une destination prisée des étudiants étrangers, et que, selon une étude* menée par Campus France, qui a sondé 600 étudiants, 75 % des étudiants choisissent le pays avant l'établissement d’accueil, et 1 sur 10 utilise les classements**.

Classement collectif ou classement individuel ?

L'école Polytechnique (X) a fait savoir rapidement sur son site, sa performance de premier établissement français (36e mondial sur 1000) au classement CWRU 2015. On remarquera, dans le bandeau supérieur du site de l'X, la mention "ÉCOLE POLYTECHNIQUE" au dessus de "UNIVERSITÉ PARIS-SACLAY", qui rappelle que la performance de Polytechnique dans ce classement n'est pas celui de la Communauté d'Universités et Etablissements (ComUE) "Université Paris-Saclay". Les établissements sont en effet parfois tentés d'être classés sous l'étendard d'un regroupement ou d'une méta-structure les englobant, mais les résultats sont parfois décevants, selon les paramètres utilisés par le classement : exemple pour le cas de l'université de Lorraine. Par ailleurs, en cas de bons résultats, la méta-structure ou le groupement améliore sa visibilité, mais pas ses membres, comme dans le cas des écoles de l'INP de Lorraine. Enfin certains classements refusent de classer les méta-structures, comme le groupe Polytech aurait pu le souhaiter pour le classement établi par l'Etudiant. D'ailleurs, à défaut de se fier aux classements, les étudiants ou leur famille choisissent-ils d'abord une école, un groupe, ou une ComUE ?

Visibilité, masse et regroupements : classement versus projet Attali et projet IMT

Ce bon classement de Polytechnique paraît quelques semaines après le rapport (malicieusement intitulé, "l'X dans une nouvelle dimension") de B. Attali, qui pointait une faible visibilité de Polytechnique à l'international et proposait quelques remèdes, pour la plupart connus, mais pas en vigueur à Polytechnique. Comme bien souvent, la technocratie française aime préconiser des rassemblements pour atteindre une taille soi-disant critique et une visibilité à l'avenant, l'obésité étant l'ultime critère de réussite. La performance individuelle de l'X au classement 2015 du CWUR vient donc éfleurer doucement les arguments de visibilité et taille de deux projets actuels : l'un de constitution d'une école Polytechnique de Paris, regroupant notamment les deux écoles Polytechnique et MINES ParisTech, qui serait elle-même intégrée dans l'Université Paris-Saclay; l'autre plus ancien de dissolution des écoles des Mines (notamment MINES ParisTech) dans l'Institut Mines-Telecom (IMT).

Bien-sûr, les classements se suivent et ne se ressemblent pas nécessairement; tout comme les rapports prônant telle ou telle réorganisation. Educpros titrait l'effet ricochet du rapport Attali : mais un ricochet*** n'est qu'un rebond aux effets parfois éphémères.

arnaud delebarre

19 juillet 2015

*Les parties prenantes des deux classements du Center for World University Rankings et de la Meta University sont par ailleurs difficiles à appréhender par les informations divulguées par leurs propres sites.

**Ni le classement du Center for World University Rankings, ni celui de Meta University ne sont pris en compte par l'étude Campus France.

*** Ricochet : peut-être de riquer, mot dialectal, donner un petit coup, et hocher, vaciller. Rebond que fait une pierre lancée obliquement sur la surface de l'eau, un projectile qui frappe un corps dur, etc

Tag(s) : #Campus France, #Classement, #Compétition, #CWRU, #Etudiants, #IMT, #International, #Lorraine, #Polytech

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