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L'éducation existera-t-elle dans 1000 ans ?

Dans un contexte de simplification ou de complexification ?

M. Sapin se plaint qu'un ministre allemand donne son avis sur la politique française, mais n'a pourtant pas hésité à se mêler des relations formations-entreprises en créant des quotas de stages en se mêlant des relations entre établissements et entreprises. Le ministère des finances veut la généralisation des déclarations de revenus en ligne, ignorant que beaucoup de français n'ont pas un tel accès trop onéreux pour eux. MM. Sapin et Eckert illustrent ainsi ces dirigeants qui (1) ne font pas confiance aux parties prenantes pour s'entendre sans intermédiation; (2) prétendent simplifier qui brideraient l'activité tout en ajoutant des lois, quotas et seuils; et (3) qui ignorent la réalité de la vie de certains de ses compatriotes.

La soumission consentie de l'enseignement supérieur

Dans ce contexte déférent, le monde de l'enseignement supérieur a accepté des assises ayant débouché sur la loi de l'enseignement supérieur et de la recherche du 22 juillet 2013. Le ministère vient d'en rappeler les apports, notamment avec la carte des regroupements d'universités et d'établissements. Des communautés (ComUEs) ou associations qui mobilisent une partie des ressources dédiées à la formation ou à la recherche sans démontrer de gains de visibilité ou de mutualisation

Une gestion peu imaginative

L'Etat veut capter les fonds de roulement d'écoles et d'universités malgré leurs protestations, tout comme les universités le font avec leurs composantes, et aussi parfois avec leurs personnels (certains peinent à se faire payer comme les étudiants vacataires de Lyon II et CDD de l'Université de Lorraine). Ces holdups modifient peu les équilibres des universités qui évitent les améliorations de leur productivité, et taisent leur gestion défaillante. Le peu de créativité pour gérer des difficultés ou pour épauler des ambitions se retrouve dans les discours pauvres de la Conférence des Présidents d'université ou de certains dirigeants. On pourra ainsi lire l'interview de M. Koch de l'Université de Technologie de Troyes par O. Rollot, qui évoque les tergiversations habituelles autour des frais de scolarité et démontre l'indigence d'idées pour trouver des moyens.

Quelques écoles rebelles et volontaristes

Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance disait A. Lincoln. Plus tonique que celle de M. Koch, l'interview de L. Roche par le même O. Rollot, déplore l'interventionnisme récent de l'Etat sur les stages, la césure, le dispositif PEPITE et tance l'hégémonie des universités dans les ComUEs. Un interventionnisme qui empêche les acteurs de s'organiser eux-mêmes quand les regroupements sont décidés par les arguments discutables de l'Etat. M. Roche parle aussi d'argent : de la formation continue comme apport minoritaire et peu rentable et des écoles qui n’ont pas d’autre choix que de trouver de l’argent. Il demande donc la liberté d'entreprendre en rappelant la contribution des écoles à la santé de la nation.

Et dans 1000 ans ?

Là où on peut ne pas suivre M. Roche, c'est lorsqu'il affirme que les universités existeront encore dans 1000 ans. Même si il veut dire que les universités ont un avenir moins incertain que certaines écoles, pourquoi les Etats, les individus, les entreprises ou les familles continueraient-ils à investir dans l'éducation ou la formation ? Il y a peu d'années on n'imaginait pas la disparition de la Poste, un service ayant toujours existé et devant durer toujours. B. Stiegler pense que l'emploi salarié deviendra minoritaire, citant B. Gates "l'emploi c'est fini", cédant le pas à une économie collaborative. Si l'éducation n'est plus tournée vers l'employabilité, les universités seront-elles un acteur d'échange ou de partage de connaissances ?

arnaud delebarre

23 avril 2015

Tag(s) : #Ecole, #Education, #Ingénieurs, #Koch, #Lorraine, #Roche, #Sapin, #Université, #CPU, #CGE

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