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La taille des universités et le bonheur d'y travailler et étudier

"Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros" cite O. Rey dans "Une question de taille". On applique des idées à un trop grand nombre [...]. On voit chaque jour le résultat direct de l'oubli de l'échelle. Les différences quantitatives deviennent des différences qualitatives.

Quelle est la taille idéale d'une université ou d'une école ?

Gaïa Universitas écrit qu'il est devenu très tendance de glorifier les petites structures et de fustiger les créations de «gros mastodontes» ou «d’usines à gaz ingérables». Gaïa Universitas calcule un nombre d'étudiants moyen des 10 premiers et des 100 premiers de Shanghaï, en distinguant les universités privées des publiques, et conclut que MM. Tirole et Jamet sont à côté de la plaque. La moyenne des 10 premiers évaluée par Gaïa Universitas est pourtant proche du chiffre conseillé par J. Tirole et celle des 100, proche du chiffre de P. Jamet. On peut aussi croiser le placement au Shanghaï avec la sélection des étudiants et leur encadrement par des enseignants-chercheurs. Mais est-ce l'essentiel pour les écoles et les universités françaises ?

Les regroupements d'écoles et d'universités ont-ils un but autre que l'obésité positive ?

L'Institut Mines-Télécom (dirigé par P. Jamet), annonce que les écoles des mines sous tutelle du ministère de l'Industrie perdront leur personnalité morale au profit de l'institut (de plus, les écoles d'ingénieurs Mines de Douai et Telecom Lille étudient leur fusion). Les écoles et universités veulent-elles ou ont-elles des projets guidés par les classements ? Les regroupements sont-ils un objectif ou un moyen de réaliser ce projet ? G. Fioraso indiquait en août 2014 que «le classement de Shanghaï est un indicateur [...], à prendre en compte mais sur lequel on ne fonde pas une politique. Nous encourageons les regroupements, mais dans un but de lisibilité pour les étudiants et de mutualisation des moyens". Néanmoins, un bon classement international est important pour la venue d'étudiants étrangers dans les établissements français, comme le prône la Conférence des Grandes Ecoles (présidée par P. Jamet) pour ses établissements.

La taille fait-elle le bonheur et la qualité de vie au travail ?

Mais que devient le bonheur de travailler comme étudiant ou comme membre du personnel dans ces grandes universités ou dans ces regroupements ? Un enseignant-chercheur a rendu public les arguments de sa démission de l'Université de Lorraine : "les charges administratives, de plus en plus envahissantes, les gesticulations nécessaires pour décrocher le moindre financement, [...] une kyrielle de chefaillons intermédiaires, [...] vous êtes obligé de faire autre chose que ce pourquoi vous avez été recruté". Effectivement, transitoirement ou en régime permanent, les groupements d'établissements à l'échelle universitaire ou à celle des COMUE, sont des armes de destruction massive des initiatives et de la délégation car ces regroupements adoptent des structures en millefeuilles idéales pour tuer les idées, et ces regroupements avec leurs chefaillons et structures intermédiaires coûtent cher et ne produisent pas les gains escomptés par la mutualisation, où le patrimoine et les employés en CDD deviennent les variables d'ajustement. Et les étudiants sont-ils heureux du grossissement des établissements en termes de programmes proposés, qualité de l'encadrement, conditions matérielles ? Il leur restera éventuellement à s'inscrire sur le MOOC de l'université de Berkeley pour apprendre à être heureux.

arnaud delebarre

5 février 2015

Tag(s) : #CGE, #COMUE, #Enseignants, #Etudiants, #Ingénieurs, #Lorraine, #MOOC, #Qualité de vie au travail, #Shanghaï

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