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Managers et cadres des religions : médiocrité, conservatisme, frilosité et prétention

Les attentats en France ont donné lieu à des dissertations sur l'interdiction réelle ou supposée de représenter le prophète, et sur la liberté ou non de le faire, mais ont surtout ouvert des débats sur la compatibilité des religions avec le politique en démocratie et avec la laïcité à la française. En effet, des managers religieux ont avancé des positions ou incité leurs ouailles à se positionner sur ce qu'ils estimaient devoir être le respect dû par le domaine public à leur culte.

Des managers qui s'invitent dans les débats

Les managers des religions n'hésitent plus à intervenir au-delà du champ religieux, conquis par la certitude de détenir la vérité qui s'imposerait à tous. Ils ne doutent plus de leur légitimité à participer au débat public. Ainsi, à l'occasion du débat sur le mariage pour tous, l'église catholique a déployé ses cadres et sbires pour plaider ses valeurs morales et ses voeux. Des managers qui ont parfois proféré quelques imbécillités (e.g. M. Barbarin). Non seulement, ces managers ont oublié que la république française pouvait se passer de la contribution des églises au débat, mais en plus, ils ont obtenu peu de résultats.

Plus récemment, le manager suprême de cette église s'est invité dans le débat en déclarant, urbi et avioni, qu'on ne peut insulter la foi des autres, en escomptant que le respect apporterait l'auto-censure. Récemment également, des apprentis imams ou imams, ont revendiqué l'universalité de l'embargo sur l'image du prophète, en proférant des inepties, encadrés par un professeur laxiste. La faiblesse ou l'inexistence de la formation des cadres et l'incompétence des cadres des religions expliquent pour partie que ces religions n'admettent pas que la France n'est pas gouverné par des préceptes religieux. Certains managers sont parfois plus lucides en déclarant que la religion doit se tenir à sa place dans une démocratie : "Charlie Hebdo a le droit de penser différemment que nous [...]". Mais, même les protestants, généralement discrets, se sont élevés contre les nominations au Comité consultatif national d'éthique excluant des religieux.

NDR : pour user du droit à ne pas respecter des religions, je ne résiste pas aux images de l'enturbanné de Charlie Hebdo n°1178 avec sa coiffe en paire de couilles, et celle du pape, couvert d'un nichon.

Des managers invités à intervenir dans le débat public

Cette propension des cadres des religions à prendre la parole leur paraît d'autant plus légitime que le politique les consulte parfois, au grand dam de certains, pour des choix politiques ou sociétaux. Par exemple, le Comité consultatif national d'éthique a 4 postes sur 39 nommés en raison de leur appartenance à une famille religieuse. On entend aussi un F. Hollande en Tunisie dire que, "l'islam est compatible avec la démocratie" en rapprochant le religieux du politique. En démocratie américaine, le religieux introduit des inégalités à l'égard des athées, tout comme au Canada, la liberté de blasphémer n'existe pas. En France, certains parlent de tempérer la liberté de blasphème, et de modérer un anticléricalisme de combat maintenant passé d'époque (Emission "Les informés" du 16 janvier 2015). D'autres encore veulent revenir sur la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Le nouvel économiste titre "le monde musulman ne comprend pas que la liberté d'expression ne s'arrête pas aux portes du sacré" pour conclure que "notre pays doit aussi s’interroger sur l’articulation qui prévaut entre liberté d’expression, respect des croyances et des croyants et, bien sûr, laïcité". A contrario, on notera que le Comité consultatif national d'éthique a nommé des laïcs aux 4 postes "en raison de leur appartenance à une famille religieuse". Mais c'était en 2013 !

Des managers peu innovants qui ne prennent pas parti

Les religions sont persuadées détenir la vérité qui s'imposerait à tous. Leur stratégie est fondée sur l'intangibilité de leurs produits et leur démarche commerciale sur l'adaptation de leurs prospects à leurs produits. Ces religions, qui ont pourtant l'ambition de conquérir de nouveaux marchés et clients, tablent sur des produits surannés et sur la négation de leurs clients potentiels. Pour se développer, les managers des religions ont choisi d'investir le politique, en réclamant une parole qui leur serait due, au lieu de créer leurs partis. Ces cadres redoutent-ils un échec comme celui du Parti Chrétien Démocrate en France ou Ennahdha en Tunisie ou des Frères musulmans en Egypte ou bien sont-ils trop frileux pour écrire un scénario tel que celui décrit par M. Houellebecq ?

arnaud delebarre

25 janvier 2015

Tag(s) : #Bêtise, #Humeur, #Innovation, #Management, #Religion, #Ressources Humaines, #Société

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