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La France est Charlie mais pas MOOC

Révolution MOOC nous parle de sa rencontre avec Coursera et de points d'achoppement : la démocratisation par les MOOCs, les partenaires de Coursera et leur rôle, l'impact des MOOCs sur les cours dans les facs.

Les MOOCs ? En faire ou les utiliser ?

M. Cisel s'interroge d'abord sur la réalité de l'union entre prestige de partenaires et démocratisation (en France, la démocratisation se traduit par des enfants de cadre qui deviennent majoritairement cadres et les enfants d'ouvriers, ouvriers). Aux USA, le coût des études est devenu un enjeu au travers du PIRS, pour amortir la désinscription d'une forte population (notamment masculine) et le surendettement engendré par les études. Or les MOOCs sont vus aux USA comme un élément de diminution des coûts des études. M. Cisel évoque ensuite la faible contribution des partenaires français dans Coursera. Il est vrai que les partenaires français ne brillent pas par leurs apports de MOOCs. Mais Coursera peut aussi se passer d'eux. Vient ensuite l'évocation de la qualité des MOOCs, jugée parfois mauvaise. On rappellera la qualité des cours présentiels à la Charlemagne, qui génère un présentéisme en amphis parfois nanométrique. Ce billet aborde aussi, comme d'habitude, la question par la fabrication des MOOCs, et non par l'utilisation de MOOCs existants qui sera une partie de l'avenir du métier de formateur. Une question franchouillarde similaire à celle de la langue des MOOCs et non de leur thème.

La France sait-elle innover et promouvoir l'initiative ?

Le billet de Révolution MOOC cite l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne qui affiche plus de MOOCs que les partenaires français de Coursera, et invoque les moyens "suisses" (sic), quand on note surtout l'immobilisme des établissements français qui préfèrent parfois ménager leur tranquillité interne en n'innovant pas et en évitant les arbitrages entre formations et budgets.

Par ailleurs, je découvre le MOOC "Les chansons des troubadours" sur FUN, en me félicitant de l'étendue des thèmes des MOOCs. Je décline mon identité pour m'inscrire à ce MOOC quand on me demande "Merci de nous faire part de vos motivations concernant l'inscription à FUN". Je réponds que je suis motivé par "Les chansons des troubadours" et non par FUN. Je me suis alors demandé ce qu'un lycéen répondrait de ses motivations pour s'inscrire sur le portail APB, quand il s'y inscrit, contraint par la centralisation, pour accéder aux formations qu'il souhaite. Le syndrome "Brazil" du génie français à l'oeuvre avec FUN et APB pour le plus grand bien de ses citoyens, bien entendu ! Aucune question ne m'a été posée sur ma motivation pour le MOOC "Les chansons des troubadours".

Pitié pour les initiatives

Le peuple français a fait preuve d'initiatives le mercredi 7 janvier 2015 après les attentats contre Charlie Hebdo en se réunissant spontanément sans obéir à une injonction d'organisateurs, de leaders ou de mots d'ordre dictés. En matière de MOOCs, les contributions françaises tardent comme le constate le billet de "Révolution MOOC", car, autant des structures et des outils d'encadrement et de centralisation ont été conçus, autant on a négligé la fronde et la résistance des individus ou des établissements, qui préfère s'exprimer hors d'un cadre imposé, ou qui refuse cette innovation éducative. La France a su être pionnière en laïcité ! En éducation, elle est toujours centralisée et apathique. La France est Charlie mais pas MOOC.

arnaud delebarre

12 janvier 2015

Tag(s) : #APB, #Education, #FUN, #Innovation, #jesuischarlie, #MOOC, #Troubadour

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