Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ruines d'université : manque de crédits ou manque de gestion ?

M. Zakhartchouk illustre son blog EducPros avec une vue de la confluence Saône-Rhône. Un lieu plus resplendissant par son esthétique et l'émotion qu'il dégage, que par la gestion du projet de musée inauguré aujourd'hui. La directrice du musée escompte sagement que l'attractivité du musée saura faire oublier le coût multiplié par 4 à 5 de sa construction.

Allocations médiocres aux universités

L'argent des universités fait souvent débat ces derniers temps, le plus souvent pour déplorer son manque et admonester l'Etat jugé trop pingre, plus rarement pour questionner son usage. La situation jugée critique de certaines universités fait l'objet de la campagne photographique "Ruines d'université" illustrant le manque de crédits de fonctionnement et de maintenance. M. Saltzmann qui vient d'être réélu à la tête de la Conférence des présidents d'université (CPU), a appuyé sa campagne électorale notamment sur la reconnaissance budgétaire du glissement vieillesse technicité, après s'être distingué par sa demande de 1 milliard par an pendant 5 ans. Sa challenger, Mme Fraïsse, s'était illustrée en proposant la fermeture d'une antenne de l'université qu'elle préside, invoquant l'insuffisance de ses moyens, mais pas la qualité de sa gestion.

Gestion médiocre par les universités de leur patrimoine

Un long article sur la ruine des universités est publié par Gaïa Universitas suivi de nombreux commentaires. L'un d'eux interpelle la qualité de gestion. Quel[s] choix budgétaires font [les CAs des universités] ? [M]aintenir des enseignements de convenance pour les profs, délivrer des heures complémentaires en pagaïe, ou bien gérer "en bon père de famille" leur patrimoine ? On peut ajouter à cette analyse que les (non)choix des CAs sont accentués par l'impéritie de managers et d'instances, qui gênent ou empêchent des décisions de maintenance ou d'investissement. J'ai ainsi pu déplorer combien le patrimoine d'une composante de l'université de Lorraine avait été négligé et constater combien il était difficile de le remettre à niveau compte tenu (1) de gestionnaires augmentant l'ambition et le coût de projets de rénovation les rendant inaccessibles, (2) du coût de la rénovation augmentant au fur et à mesure de la résistance à l'action, et (3) de la multitude de commissions internes incompétentes ou inutiles devant approuver les travaux. La difficulté de réalisation de ces chantiers tenait plus à l'inefficacité de gestion et à l'apathie, qu'au manque de moyens.

Gestion cynique des précaires par les universités

Récemment, la CPU craignait que les salaires de décembre 2014 ne soient difficiles à payer dans certaines universités. Il s'agissait certes, plus d'obtenir l'annulation de l'annulation de crédits, mais l'université sait aussi gérer ses personnels aussi mal que son patrimoine. Les personnels précaires sont des variables d'ajustement faciles à utiliser, tant du point des salaires (e.g. vacations) que de celui des effectifs, en retardant les versements ou en dégraissant les effectifs. Ces mauvais traitements n'améliorent pas la qualité des intervenants enseignant aux étudiants. Une nouvelle méthode de gestion consiste à ne pas verser les salaires dus contractuellement : à l'université de Lorraine, on n'hésite pas à contester les avancements indiciaires contractuels de personnels en CDD.

arnaud delebarre

19 décembre 2014

Tag(s) : #CPU, #Education, #Lorraine, #Université, #Ruines, #Confluences

Partager cet article

Repost 0