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Le charbon ne répond plus

Comme le Manitoba, le charbon ne répond plus. Le charbon se tait quand les critiques le désignent comme énergie polluante avec ses cendres et ses émissions de CO2. Les groupes industriels de l'énergie ont pourtant en général leurs groupes de pression et leurs manifestations pour les promouvoir. On peut citer, entre autres, le groupe Magritte et le premier salon de l'industrie nucléaire. En revanche, l'industrie du charbon est particulièrement silencieuse et ne répond pas aux attaques que le charbon attire sur lui, ou que ses industriels et investisseurs affrontent. Les énergies-fossiles ne sont pas mortes, mais le charbon se tait quand il est l'une des sources majeures d'énergie.

Le charbon infréquentable ?

Au contraire, de nombreuses communications prennent leur distance d'avec le charbon. Il faut gérer sa réputation en montrant la distance que l'on a avec cette source d'énergie. Vattenfall annonce qu'elle se retire de mines et centrales au charbon. L'Allemagne diminue le poids du charbon dans son mix énergétique avec les renouvelables hors hydraulique qui deviennent le premier producteur au troisième trimestre 2014. Des pays comme le Danemark remplacent leur production d'électricité par du charbon par des importations, pouvant tout autant être à base de charbon. Effectivement, de son côté, l'Allemagne est critiquée pour surproduire et exporter de l'électricité bon marché, mais produite avec des centrales thermiques au charbon et au lignite.

Quels rejets de gaz à effet de serre et qu'en faire ?

Pourtant, outre la part importante du charbon dans le mix énergétique mondial, les énergies, même l'énergie nucléaire, l'éolien ou le photovoltaïque, participent aux émissions gaz à effet de serre. Les émissions de CO2 par kWh d'électricité sont de 980, 890 et 880 gCO2/kWh en utilisant respectivement le charbon, le pétrole et le gaz, qui prouvent l'impact des énergies carbonées, mais des teneurs en CO2 qui diffèrent peu les unes des autres. De plus la séquestration ou l'utilisation du CO2 font partie des champs qui atténueraient la pollution générée par l'utilisation du charbon. Ainsi le Département Of Energy (DOE) américain soutient des initiatives pour les usages et la séquestration du CO2 des fumées de combustion des centrales qui produisent l'électricité. L'efficacité énergétique n'est pas en reste : le rendement des centrales au charbon s'accroît, réduisant la pollution engendrée à production d'électricité égale.

L'industrie du charbon, un acteur essentiel mais silencieux

L'industrie du charbon se tait ou est inaudible, tandis qu'elle occupe une place majeure dans la production mondiale d'énergie et est devenue une cible de choix de la critique environnementale. Il est également vrai que les arguments changent rapidement avec certaines énergies renouvelables proposant maintenant un coût de revient du kWh compétitif sans subvention dans certains pays, tandis que le coût du kWh nucléaire nécessite des aides dans d'autres pays. Le charbon peut-il devenir une énergie fréquentable pour son coût et pour son impact environnemental ? Et en parler ? Oui, à en croire la reconversion de la centrale (SaskPower) canadienne "Boundary Dam" de 110 MW qui produit de l'électricité en capturant le CO2 qu'elle produit puis qu'elle séquestre ou utilise pour exploiter des champs pétrolifères.

arnaud delebarre

10 novembre 2014

Tag(s) : #Energie, #Electricité, #Charbon, #Responsabilité

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