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Les MOOCs en France : entre procrastination et action

Depuis la diffusion des MOOCs (Massive Open Online Courses), la France aime s'interroger sur eux et possède une communauté d'analystes et de pédagogues qui professe sur ce qu'est ou n'est pas un MOOC et prodigue ses conseils sur ce qu'il convient de faire. Les questions du monde de l'enseignement français sur les MOOCs sont typiques de cet état d'esprit français qui aime cataloguer et préfère ne pas oser si toutes les conséquences ne sont pas connues avant de commencer. Le tout sous la tutelle d'un Etat qui aime organiser et contrôler au lieu de seulement orienter et de faire confiance aux individus.

La procrastination

Voilà quelques questions essentielles de ladite communauté. Qu'est-ce qui mérite le nom de MOOC ? Les MOOCs sont-ils une révolution ? Faut-il les utiliser ? Le modèle économique des MOOCs est-il viable ? Les MOOCs ne sont-ils qu'une mode ? Les MOOCs existent-ils depuis bien longtemps sous la forme de e-learning ? Ne sont-ils que des cours filmés ? Faut-il mixer ou non les MOOCs avec du présentiel ? Les taux d'échecs ou d'abandon des MOOCs prouvent-ils leur inefficacité ? Faut-il ou non utiliser la plateforme FUN pour développer ses MOOCs ? Ce que propose la Khan Academy en maths est-il une sorte de MOOC ou non ? Les MOOCs sont-ils une démocratisation de l'accès aux connaissances ? Sans compter ceux qui s'arc-boutent sur la terminologie en donnant du CLOT ou du CLOM (Cours en Ligne Ouverts à Tous ou Massifs) pour sauver la langue française.

L'action

En septembre prochain, l'Etudiant organise une conférence "MOOC, faut-il encore y aller ? Si oui comment ?" dont le programme d'interventions semble dire que, oui il faut "encore" y aller, et semble proposer aux participants et intervenants de partager des façons d'y aller. En effet, certains se sont lancés ou se lancent dans la création et l'exploitation de MOOCs en osant apprendre en marchant, tandis que d'autres utilisent des MOOCs qu'ils n'ont pas nécessairement réalisé eux-mêmes. Certaines entreprises n'ont pas d'états d'âme pour organiser la formation de leurs personnels, de leurs clients, de leur public en créant des MOOCs, tandis que des entrepreneurs créent des sociétés dont l'activité porte sur les métiers liés aux MOOCs : conception, diffusion, etc.

Et maintenant ?

1. Une attente partagée semble maintenant porter sur des MOOCs qui ne seraient pas seulement des "initiations à..." mais des cursus plus complets. Une prochaine étape décisive sera sans doute que des promoteurs de MOOCs étoffent leur offre dans ce sens.

2. L'évaluation des travaux remis par ces milliers d'étudiants inscrits dans des MOOCs semble aussi un point critique lorsqu'elle n'est pas effectuée automatiquement.

3. Il y a aussi une attente que les établissements décident (ou non) une stratégie vers la conception ou l'usage étendu de MOOCs en leur sein, en confortant ou suscitant un développement des initiatives encore trop isolées parce que voulues et construites par quelques volontaristes. Comme le titrent R. Bachelet dans le programme de la conférence de "L'étudiant", "Dans la peau d'un décideur : quels choix pour son établissement ? [...]" puis N. Sennequier "Comment mutualiser et créer une dynamique interinstitutionnelle?".

4. Pour l'aspect "modèles économiques" souvent utilisé pour tuer des idées, on peut se souvenir de la priorisation chez Boeing : "Lorsqu’un membre non exécutif du conseil d’administration se renseigna sur la rentabilité attendue du 747, on lui répondit que les calculs avaient été faits … mais que plus personne ne se souvenait du résultat !"

arnaud delebarre

11 septembre 2014

P.S. : l'illustration est un clin d'oeil au MOOC Gestion de Projet de Centrale Lille

Tag(s) : #MOOC, #Education, #FUN, #Audace, #Innovation

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