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Le football n'est pas exemplaire

RTL a sensiblement diminué la dose des soirées radio consacrées au football car le football serait "segmentant" et peu adapté à une radio généraliste. Y-aurait-il anticipation d'une perte d'intérêt du public pour une compétition et un sport dont certaines des caractéristiques auraient changé ?

Une compétition où la réussite ne dépend pas des victoires

Les instances footballistiques et juridiques ont surveillé et perturbé avec insistance les montées de clubs de division inférieure vers une supérieure cette saison. A l'instar de Lens ou Luzenac, le classement obtenu par les performances sportives sur le terrain a donné lieu à des tractations ou n'a pas nécessairement entraîné la promotion des premiers classés, arguant de la "solidité" financière insuffisante du bilan ou des sponsors, de l'absence de centre de formation, de sécurité insuffisante des stades... Comment captiver des auditeurs ou spectateurs qui constateraient que la loi sportive est moins importante que les décisions juridiques ou administratives ?

Une compétition où les chances ne sont pas équitables

La capacité financière des clubs est disparate au sein d'une ligue, notamment depuis les investissements massifs qataris en ligue 1. Un Petit Poucet ou un David victorieux deviennent improbables dans un championnat où les moyens financiers sont une partie du succès. La coupe nationale ne suffira pas à doper l'intérêt pour la compétition entre clubs, car elle est ponctuelle et, même si son résultat peut rester ouvert, c'est parfois pour cause de motivation moindre des footballeurs pour ces compétitions. Ces investissements dans peu de clubs engendrent un championnat à deux vitesses au sein d'une même ligue, qui pourrait décevoir les amateurs de compétition et de suspense. Ces gros investissements peuvent même devenir contreproductifs, même avec l'achat de quelques stars. Certains rêvent d'un PSG qui ne réussirait pas trop insolemment.

Une compétition où les compétiteurs sont des contre-modèles

Le joueur de football moyen de club ne démontre pas l'exemplarité des valeurs du sport, valeurs pourtant ressassées à l'envi pour justifier l'intérêt éducatif du sport vis-à-vis de la jeunesse. Les footballeurs prouvent parfois des vertus contestables, une culture faible, une immaturité et une capacité d'expression médiocre qui n'en font pas des exemples pour les jeunes, pour suivre des études ou s'intégrer dans la société. Ces footballeurs démontrent que la réussite peut se passer des études et de l'esprit d'équipe par leurs exploits et réussites individuels.

Une compétition qui apporte un déficit d'image

Les investissements massifs de quelques magnats, apportant des fonds aux origines ou à la morale parfois douteuses, ne redorent pas l'image de ce sport. Les dépenses des territoires en stades onéreux à la rentabilité non démontrée et les dépenses publiques générées par le déroulement des matchs font douter de la gestion de la puissance publique, qui pourrait opter pour des investissements différents. Par ailleurs, l'investissement d'une ville ou d'une région dans le football est-il pertinent en termes d'image si l'association à un club vient brouiller d'autres traits plus avenants ?

arnaud delebarre

14 septembre 2014

Tag(s) : #Football, #Education, #Jeunesse, #Société

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