Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Coûts induits des recrutements de la fonction publique

François Hollande appelle les fonctionnaires au chevet de la France pour une action publique plus rapide et plus efficace avec une attention prioritaire au soutien aux entreprises, au logement, à l’emploi, à l'investissement et à la simplification. On peut effectivement simplifier les recrutements en même temps qu'on peut les utiliser pour réduire les coûts de fonctionnement.

Le coût des procédures de recrutement

Pour avoir voulu éviter certaines pratiques inéquitables, le recrutement est devenu complexe comme par exemple, les procédures de qualification puis de recrutement des universités. Diplômes et CV ne suffisent pas : il faut être qualifié pour pouvoir concourir à un poste d'enseignant-chercheur, puis ensuite concourir auprès d'un comité de sélection. Ces procédures longues, encadrées et coûteuses (en temps passé par ceux qui étudient les dossiers) sont justifiées selon les recruteurs, puisque les lauréats feront toute leur carrière dans la fonction, et qu'il ne faut donc pas se tromper. Ces recruteurs ont tort de penser que le recruté ne peut évoluer en plus ou en moins en potentiel, en personnalité ou en compétences, ou qu'il fera toute sa carrière à l'université.

Par ailleurs, ces procédures n'excluent nullement la cooptation, censée être combattue par ces qualifications et comités de sélection et à l'opposé, ces procédures réduisent souvent la promotion interne. De plus, elles sont parfois tellement étalées dans le temps sans que le poste vacant ne soit pourvu, même temporairement, qu'elles font parfois douter de la nécessité du poste. Enfin, dans certains recrutements de la fonction publique, il existe aussi des fléchages vers certains corps, si bien que la compétition équitable n'est qu'une fiction coûteuse.

Le coût du choix des recrutements : une optimisation en empêche une autre

Dans la pratique, chaque service, département, direction ou entité de la fonction publique souhaite pourvoir un poste en choisissant le meilleur. Et ce souhait paraît légitime. Ce faisant, cette entité peut organiser une compétition ouverte entre des candidat(e)s qui peuvent venir de ladite entité, de la fonction publique, mais aussi de l'extérieur. Ces recrutements peuvent donc augmenter les effectifs de la fonction publique quand la source est externe, alors que dans le même temps, la fonction publique rétribue des personnes sans leur donner d'affectation. Cette fraction d'agents sans affectation ne pourrait être que la conséquence numérique de la mobilité : après tout, le plein emploi ne correspond pas à 0% de chômeurs du fait des transitoires. Mais on peut aussi penser que le choix de la personne recrutée par l'entité qui recrute est une optimisation locale, mais pas une optimisation d'ordre supérieur entre services ou ministères. La Bourse Interministérielle de l'Emploi Public serait valorisable si les pratiques de recrutement se faisait à la fois dans l'intérêt de l'entité qui recrute et dans celui de l'utilisation approfondie des effectifs.

Un aspect de la simplification voulue par le Président pourrait notamment résider dans la gestion des ressources humaines de la fonction publique, du recrutement à la mobilité.

arnaud delebarre

7 septembre 2014

P.S. : tout lecteur qui se dirait que ça sent le vécu, ne se tromperait pas.

Tag(s) : #Ressources Humaines, #Universités

Partager cet article

Repost 0