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Des compétitions fréquentables. D'autres moins.

En novembre 2013 ce blog proposait le billet intitulé "Pourquoi des Etats arabes multiplient-ils les "Nobel de l'éducation" ? au sujet de l'inflation de prix Nobel de l'éducation. L. Cédelle a renchéri en juin 2014 avec deux articles sur les "encombrants bienfaiteurs internationaux de l'éducation" en traitant notamment du "Global Teacher Prize" censé récompenser pour la première fois au Global Education and Skills Forum de 2015 à Dubai, le meilleur professeur du monde.

Des compétitions peu fréquentables ou une volonté de développer l'éducation ?

L. Cédelle y voit "l'achat d'une thématique sociétale", une "homogénéisation libérale" avec la "marchandisation de l'éducation" et une opération de communication facilement gobée par les "naïfs", avec une internationalisation du discours sur l'éducation, enjeu louable y compris au sein de régimes discutables. L'attitude - citée par L. Cédelle - de l'UNESCO qui préfère être présent compte tenu de l'enjeu éducatif, est à ce titre emblématique. Mais WISE et le GES Forum et leurs deux prix "Nobel" démontrent aussi ce que plusieurs études et rapports ont déjà montré : les pays arabes accentuent leurs actions en matière d'éducation et ne veulent plus se limiter à former des dirigeants, mais aussi des citoyens et des citoyennes (Khaled El Andaloussi in Education et formation dans les Etats arabes : évolution et tendances).

Le système éducatif aime les compétitions

L. Cédelle se demande si il existera en France des gens pour adhérer à ce concept ridicule de meilleur prof du monde et pour l’accompagner d’une gratification financière individuelle. Sans doute. Car le système français est friand de compétitions et de prix pour ses élèves, ses établissements et ses enseignants.

Il existe ainsi de nombreux prix et concours proposés aux élèves et étudiants dans le cadre de leurs études, sur leurs activités scolaires et périscolaires, ou sur leurs résultats. Beaucoup d'établissements poussent leurs élèves à concourir dans ces compétitions diverses et variées notamment pour pouvoir communiquer sur leurs résultats. Ces compétitions sont tout autant à l'initiative ou sponsorisées par des entreprises et cautionnées par le système public : meilleurs projets environnementaux, vocation scientifique féminine, meilleur projet de voiture du futur, simulations de jeux d'entreprises, prix du Rotary, Ecomarathon...

La compétition dans les classements existe aussi pour les universités ou établissements qui s'allient pour mutualiser leur Nobel, par exemple pour gagner des places dans le Shanghaï. La compétition est également acceptée par les enseignants dans le cadre du recrutement ou de leur promotion avec leur participation aux concours de recrutement.

Les compétitions sont elles fréquentables ?

Albert Jacquard prônait une éducation sans esprit de compétition car il monte les gens les uns contre les autres et il les uniformise et les normalise. Corentin de Salle pense au contraire que l’esprit de compétition pousse les gens à donner le meilleur d’eux mêmes et à se singulariser. La démarche des pays arabes évoquées ci-dessus et les critiques qui en sont issues, posent la question de savoir si des compétitions sont moins fréquentables que d'autres.

On peut aussi se demander si la compétition est une pratique à développer.

arnaud delebarre

7 août 2014

Tag(s) : #WISE, #Education, #Emirats Arabes Unis, #Compétition, #Universités

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