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Très chère mobilité !

Le "Téléphone sonne" de France Inter du 4 juillet s'ouvre sur l'appel d'un quidam qui dit ses renoncements à des trajets par le train devenu inabordable, tandis que le PDG de la SNCF défendait quelques jours avant un service public, certes mais pour un public aisé. Ainsi, trouver un job ou un stage pour les étudiants, les demandeurs d'emplois ou les personnes désireuses de mobilité, devient une activité onéreuse, tant les déplacements pour entretiens deviennent nombreux, coûteux et à la charge des postulants.

L'entretien en présentiel est-il indispensable ?

L. Brouat et J-C Anna racontaient comment ils s'étaient associés dans Link Humans sans s'être rencontrés avant de prendre leur décision. I. Dhume et C.Pinet ont décidé de créer leur société Milémil avant de se rencontrer IRL (In Real Life). Dans les deux cas, ils communiquaient, échangeaient et avaient pu s'apprécier sans avoir un entretien IRL. J-C Anna a récemment publié : "Pourquoi l'entretien de recrutement est inutile et inefficace !". On y lit notamment que l’"étape de l’entretien en face à face est compliquée à organiser : compatibilité des agendas, plusieurs personnes à mobiliser dans l’entreprise, quelque fois sur plusieurs sites géographiques, candidat éventuellement en poste devant poser un RTT et habitant loin, … C’est long, très long, très très long : plusieurs entretiens, avec plusieurs collaborateurs de l’entreprise. Le recruteur refuse souvent de se contenter d'entretiens audio ou video par téléphone ou ordinateur. L'usage de Skype est souvent proscrit sous prétexte de sécurité informatique ou de présentiel indispensable.

Le coût élevé des entretiens

J-C Anna poursuit : "Vraiment peu économique pour le candidat (coût de l’essence ou du trajet en train/avion) comme pour l’entreprise (frais des déplacements et hébergements des collaborateurs à éventuellement déplacer)." Beaucoup de candidats sont passés au covoiturage au détriment du train à l'occasion d'entretiens de stage ou d'embauche. A une époque pas si lointaine, une entreprise qui souhaitait rencontrer un candidat, indemnisait ses frais de déplacement, certaines d'entre elles le faisant même en première classe SNCF. La pratique du remboursement a disparu dans les années 90, alors que les procédures de recrutements pour stages ou pour CDD ou pour CDI ont au contraire commencé à empiler les entretiens, sans considération pour les frais, les cours séchés, ou les RTT ou les congés consommés par les candidats. Il s'ensuit le renoncement de candidats sans temps ni moyens à dédier aux sélections. Dans la fonction publique, des candidats (externes) renoncent aux concours des universités étant donné le nombre déplacements pour courbettes ou démarches électorales qu'un candidat à un poste de maître de conférence ou de professeur doit réaliser. Les universités déplorent parfois la qualité et la quantité des candidats aux postes offerts sans remettre en cause leurs procédures longues et coûteuses, qui sont quelques fois également pipées avec des candidats "fléchés" ou "internes".

Vivent les circuits courts !

On prône les circuits courts de distribution des produits et on préconise la densification de l'habitat urbain pour réduire la mobilité excessive des trajets du domicile vers le lieu de travail ou de la vie quotidienne. Dans le même temps, la mobilité (internationale et professionnelle) est promue comme une étape enrichissante des CV, et bien des organisations voudraient développer la mobilité en leur sein ou la diversité des profils des personnels. Autant de voeux qui réclameraient que les recrutements soient moins consommateurs de mobilité, pour in fine favoriser la mobilité.

arnaud delebarre

7 juillet 2014

Tag(s) : #Ressources Humaines, #Universités, #Société, #Mobilité, #SNCF

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