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"Mes tweets n'engagent que moi" ?

Le 30 juillet 2013, C. Dehesdin publiait sur Slate "Rien ne sert de préciser que mes tweets n'engagent que moi sur Twitter", traitant de la valeur (faible) de cette mention.

Un bénéfice de communication partagé ?

Au-delà de la valeur juridique de cette mention, on peut s'interroger sur son hypocrisie ou sa schizophrénie. Le simple fait de l'énoncer exprime que la liberté d'expression de la personne est au contraire sous contrainte. De nombreux twittos affichent leur appartenance professionnelle dans leur profil, tout en prétendant ne tweeter qu'à titre personnel. Le font-ils (i) pour se dégager (inutilement) d'une responsabilité ou (ii) pour communiquer au titre de leur fonction ou (iii) pour engranger le follower en bénéficiant de leur appartenance tout en prétendant communiquer à titre personnel ? Il y a aussi ceux qui développent des comptes personnels reliés à des comptes professionnels.

D'autres sont plus subtils avec des mentions du type "mes tweets m'engagent que moi et encore"... Un profil sur twitter qui indique une raison professionnelle ou une notoriété suffisante raisonnablement identifiable peuvent-ils être ignorés au point de prétendre s'exprimer à titre individuel ? Leur expression peut être évidemment une plus-value pour eux et une autre pour leur société. Des entités incitent certains de leurs employés car leur communication se répercute positivement sur elles.

Au-delà des tweets, les blogs

Educpros publie ce jour 8 conseils aux Universités et écoles pour maîtriser leur image et rappelle notamment que la mention "officielle" ne se décrète pas mais se cultive (voir un billet plus ancien sur le sujet). Effectivement l'université et sa liberté de paroles ancrée génèrent des différends. Des blogueurs, s'exprimant comme personnes mais aux appartenances passées ou actuelles énoncées, se voient retirer leur onction (e.g. M.Dubois et Educpros) ou se retirent sous le coup d'une critique (e.g. M.Jamet et Educpros). De même l'université apprécie peu la critique contre elles-mêmes et réagit parfois sèchement. Des nervis (s'exprimant parfois courageusement sous pseudonyme) attaquent une analyse défavorable : e.g. les commentaires aux analyses du classement sur le classement de l'INP de l'Université de Lorraine s'apparentent à des attaques ad hominem. Une certaine agressivité transparait aussi dans les échanges sur le blog de Gaïa Universitas sur les groupes. Attaques et violence qui semblent sans rapport avec les questions débattues et les arguments apportés. On comprend mieux un billet récent (que je ne retrouve malheureusement plus) qui mettait en garde contre les effets des commentaires publics. A contrario, l'article argumenté prédisant la mort de la plupart des universités d'ici à 20 ans a été publié avec des commentaires fermés ici, ou sans en générer jusqu'à aujourd'hui !

Des individus plus libres qui échappent aux entreprises et aux institutions

Les nouvelles technologies génèrent des activités et expressions individuelles ou collectives qui échappent aux Etats et aux entreprises. Les réseaux sociaux, la création d'activités solidaires fondées sur l'échange (e.g. marchés solidaires) ou la vente mutuelle de service (e.g. covoiturage) ou la création de monnaies (voir la récente réflexion de TRACFIN sur Bitcoin) sont autant d'avatars que redoutent Etats et entreprises. Ils et elles les freinent ou les combattent pour, bien sûr, défendre le bien de chacun.

arnaud delebarre

11 juillet 2014

Tag(s) : #Société, #Responsabilité, #Universités, #Entreprise, #Droit

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