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L'obésité pour réussir ? Le régime COMUE

Jean de La Fontaine a décrit les envies d'obésité dans "La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf". Sauvons l'Université recense les motions , plus particulièrement d'origine universitaire, qui critiquent ou tentent de retarder ou d'empêcher la constitution des COMmunautés d'Universités et d'Etablissements (COMUEs). Comme l'analyse sobrement la motion strasbourgeoise : "la concentration et le gigantisme ne sont en rien des garanties d’excellence et d’économies d’échelle...".

D'autres qui se voient contraints d'entrer dans ces communautés, proposent des moratoires ou des reports et dénoncent l'hégémonie des universités qui se manifestent à l'occasion de la mise en place de ces COMUE prévue pour s'achever le 24 juillet (cf communication émanant de la Conférence des Grandes Ecoles - CGE).

D'un millefeuille à l'autre

Alors que l'Etat souhaite réduire le millefeuille territorial et que certains regroupements d'universités ont généré de nouveaux millefeuilles, comme par exemple à l'université de Lorraine conçue avec des collégiums et des pôles scientifiques équipés de conseil et de comités de direction comme autant d'étages intermédiaires entre composantes et central. Le millefeuille des nouvelles universités serait donc surmonté de quelques feuilles de plus après le 24 juillet 2014 : pourquoi ? Pour relever l'enseignement français dans les classements internationaux ? Pour faire générer des économies d'échelle ? La multiplication des feuilles est-elle une pertinente pour obtenir une reconnaissance et une visibilité accrues ?

Grossir peut-il faire monter au Shanghaï ?

Le classement international de Shanghaï est critiqué mais attendu, voire utilisé pour optimiser des regroupements d'universités, en comptant sur un effet de taille est pour monter au classement. Pourtant, les cinq premiers établissements du classement de Shanghaï de 2013 n'ont que de 10 000 à 36 000 étudiants, à comparer par exemple aux 52 000 étudiants de l'université de Lorraine qui se place aux environs de la 300ème place. Les frais de scolarité des 5 premiers du Shanghaï sont élevés. Et la sélection des postulants aux études dans ces établissements de l'élite de ce classement est aussi une caractéristique commune. Le nombre d'encadrants rapportés au nombre d'étudiants est assez élevé pour les premiers du classement, tandis que les regroupements français n'améliorent pas le ratio encadrant par étudiant. Bref la taille n'est pas le seul critère, voire même pas un critère du tout pour bien se classer au Shanghaï.

Les regroupements apportent-ils de la productivité ?

Si les regroupements n'améliorent pas numériquement la position au classement de Shanghaï, apportent-ils des gains de productivité ? Les universités réunies ont souvent généré des instances supplémentaires ou ont préféré épargner des mandarins. Au lieu de libérer des moyens pour leurs composantes de base, ces regroupements ont en fait pénalisé la formation et la recherche sans redistribuer les gains de productivité qui auraient du voir le jour. De même, la création des COMUEs, souvent focalisée sur les questions de statuts, laisse présager de l'invention d'instances qui vont accaparer des moyens d'enseignement et de recherche au lieu de générer des gains par synergie.

arnaud delebarre

2 juillet 2014

Tag(s) : #Universités, #Ingénieurs, #CGE, #Shanghaï, #obésité, #COMUE

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