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Les intermittents de la formation

Les intermittents du spectacle sont rémunérés pour un spectacle, mais pas pour les phases où ils auront recherché un montage et un financement, préparé ou répété le spectacle. Ils se rémunèrent alors sur un système indemnitaire ou des emplois intermédiaires. Cette externalisation des coûts n'est pas une exclusivité du spectacle.

Les vacataires de l'Université : intermittents de la formation

Une université rémunère un maître de conférence ou un professeur permanent pour un temps de travail comprenant généralement 192 heures par an d'enseignements dispensés auprès des étudiants. Leur salaire est annualisé et comprend le temps de la préparation, de la correction, et le cas échéant pour celui de la recherche. Un vacataire de cette même université sera au contraire rémunéré pour son seul présentiel face des étudiants, hors temps de préparation ou d'évaluation. Et le tarif horaire est loin de couvrir le temps passé lors de l'avant ou de l'après cours. L'université demandera aussi au vacataire de prouver qu'il a un employeur principal pour ne pas se retrouver employeur de fait. Des vacataires font parfois de nombreux cachets et déclarent une activité professionnelle comme auto-entrepreneur. Ce qui n'est pas sans rappeler les petits boulots que les intermittents du spectacle effectuent entre leurs prestations artistiques.

Vacations et stages : une externalisation des coûts de formation

L'usage de vacataires abaisse le coût de revient de l'enseignement. La rémunération horaire d'un vacataire étant médiocre, le coût de revient d'une heure donnée par un vacataire est moindre que par un permanent. Les formations en écoles d'ingénieurs incluent un nombre important de vacations à l'emploi du temps, avec l'argument que ces vacations assurées par des professionnels professionnalisent les étudiants. Les temps de stage participent de cette même logique de baisse des coûts de revient avec des coûts de formation assumés par la structure accueillant le stage et une professionnalisation des étudiants accrue. On voit d'ailleurs que la nouvelle loi encadrant les stages, adoptée ce 26 juin 2014, aurait pu limiter les stages utilisés par les cursus plutôt que le seul nombre de stages par entreprise ou par encadrants.

Ces transferts de coût se ressemblent : la partie non-rémunérée est reportée sur les individus vacataires ou sur des entreprises, ou sur un régime indemnitaire.

arnaud delebarre

27 juin 2014

Tag(s) : #Education, #Ressources Humaines, #Universités, #Enseignants, #Intermittent, #Ingénieurs

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