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Culture et éducation sont-elles des formations utiles ?

M. Gaucher, à France Inter le 17 février 2014, s'interroge sur le rôle de l'école : instruire ou éduquer ? Il affirme que l'école est une vie collective qui éduque, et que l'éducation passe aussi par l'instruction.

Des cadres en manque d'éducation

Un entrepreneur (ingénieur de formation) racontait comment il avait été frappé par le comportement particulièrement peu éduqué d'un ingénieur lors d'un dîner auquel participaient quelques cadres parfois accompagnés de leurs conjoints ou conjointes. Un comportement qui l'aurait desservi à l'occasion d'un appel d'offres postérieur.

Le cadre professionnel réserve bien des rencontres où le manque d'éducation le dispute à l'absence de culture. Quelques réunions ordinaires suffisent pour s'en convaincre où la créativité et l'ouverture se réduisent comme peaux de chagrin.

Pourquoi former des diplômés cultivés ?

L'école INSEEC revendique une grande place pour la culture générale dans ses enseignements fondamentaux car comprendre les enjeux n’est pas une mode, et qu'elle veut former d’"honnêtes grands hommes". Sa pédagogie permet aux étudiants d'exprimer une pensée personnelle, d'affirmer leur personnalité, sans être standardisé. Quand le monde professionnel se caractérise notamment par une quasi-absence de formulation des questions, il s'agit de savoir lire le monde de façon autonome et pertinente et de se poser les bonnes questions avant qu’on ne leur impose des réponses. Contrairement aux tenants des sciences exactes comme part essentielle de la formation d'un ingénieur, la culture n'est pas un vernis d'apparat mais au contraire une composante de l'intelligence du diplômé. Sans négliger ce que l'amélioration de l'éducation comportementale et la convivialité peuvent apporter aux acquis d'un cadre ordinaire.

Dans les écoles d'ingénieurs, l'introduction de la culture générale est souvent la danseuse sacrifiée sur l'autel de l'emploi du temps quand elle n'a pas été rejetée de prime abord. Des écoles ont toutefois tenté d'enrichir le profil de leurs diplômés : SUPELEC revendiquait encore récemment une bonne place pour la culture générale dans son programme pédagogique tout autant que certains intervenants comme Mycle Schneider revendiquaient d'inculquer une culture du contexte pour produire des ingénieurs intelligents et créatifs.

La disparition des écoles et de leur catalogue : une chance pour produire des profils cultivés

Le 8 avril 2014, E. Davidenkoff à la Grande Table de France Culture parle du "tsunami numérique", son dernier ouvrage, après avoir commenté le 15 novembre "La fin de l'école est pour demain", une étude prospectiviste sur les nouvelles formes d'accession aux savoirs. Ces réflexions montrent que l'école avec son présentéisme des écoliers ou des étudiants et le formatage des cerveaux deviennent inadaptés à la demande des individus et aux moyens des Etats, face aux potentiels des nouvelles technologies et à la demande individuelle. La chance de la disparition des écoles réside notamment dans la disparition de leur catalogue, pour le remplacer par une offre de formation où l'individu construirait un profil personnalisé aux savoirs diversifiés et par delà à des savoirs plus ouverts.

A l'heure où La Redoute abandonne son catalogue, les propositions du type de celle de l'Université de Lorraine (cf son "catalogue", sic) ou d'autres organismes de formation sont dépassés. Contrairement à l'idée de beaucoup d'établissements qui se placent (avec retard !) sur le terrain de l'offre de MOOCs, FUN ou pas FUN, le rôle d'un établissement consistera à aider au choix d'un bouquet de formations adapté aux souhaits de l'élève ou de l'étudiant ou de ses parents, en regard de l'observation des débouchés professionnels. Que les formations retenues aient été celles produites par l'établissement ou par d'autres.

arnaud delebarre

16 avril 2014

Tag(s) : #Education, #Ingénieurs, #Innovation, #Audace, #Société

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