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Les filles et l'audace du choix des "sciences"

Le sujet des femmes qui ne veulent pas s’orienter vers les carrières scientifiques est de retour sous la plume de M. Baumard qui titre le 27 février 2014 «Les filles, osez les sciences». (1) Les filles sont meilleures scolairement, mais après le BAC, ne choisissent pas les sciences alors que cela mène aux meilleures carrières. (2) On déplore que les sciences se passent d’elles. (3) La démonstration regrette le conditionnement des filles, et que les filles n’arrivent pas à s’émanciper dans leur choix, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays. (4) On déplore que la France passe à côté d'une partie importante de son potentiel scientifique. (5) Le manque d’information des lycéens pour faire leur choix est pointé.

Mais le refrain entonné par M. Baumard oublie que (1) les sciences sociales ou économiques sont aussi des sciences. (2) Les filles, effectivement plus affûtées que les garçons au lycée, choisissent volontairement de ne pas "oser les sciences".(3) Elles préfèrent ne pas exercer des professions et métiers auxquels mènent les "sciences". M. Baumard parle de la chaîne de déperdition et qu'"il y a urgence à ce que les filles investissent la filière scientifique". Même contre leur gré ? Elle indique même qu'on détourne les filles des secteurs en développement. Pourtant, A-S Godfroy, Maître de conférence à l’université Paris Est Créteil, a déjà démontré qu'au contraire d'être mal ou pas assez informées, les jeunes femmes ne choisissent pas ces métiers, sciemment, car ils ne portent pas les valeurs ou n'apportent pas les modes de vie qu'elles recherchaient dans leur vie professionnelle. D'ailleurs Annie Cornet fait aussi remarquer dans une interview que "les métiers qui attirent peu, attirent peu les jeunes filles".

M. Baumard affirme que les femmes de Russie, Asie et Moyen-Orient ont compris que les formations d'ingénieurs ou de scientifiques étaient une voie d'émancipation et que cela a été oublié dans nos vieux pays. On peut au contraire constater que les filles de nos vieux pays qui sont brillantes et a priori capables de choisir, préfèrent ne pas "oser les (certaines) sciences", ni certains des métiers qui leur sont attachés. N'en déplaise à l'intérêt supérieur de la France qui voit donc ces cerveaux féminins aller servir d'autres études et métiers, qui savent mieux communiquer et peuvent être plus attractifs que les "vieux" études et métiers scientifiques.

arnaud delebarre

4 mars 2014

Tag(s) : #Femmes, #Education, #Audace

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