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Une réflexion sur l'avenir sans les grandes écoles ?

Le Président de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) prétend que les grandes écoles devraient être invitées à se prononcer sur l'avenir du pays et se plaint une fois de plus du désamour dont les grandes écoles seraient victimes. Il refait l'inventaire des qualités des grandes écoles, mais la CGE n'est pas invitée à réfléchir à la recherche, l'innovation et l'insertion professionnelle. Selon, le Président de la CGE, il serait "naturel que le gouvernement s'appuie sans états d'âme sur ces acquis et ce potentiel dans sa volonté de réformer l'enseignement supérieur [et bénéficie] d'un véritable effet d'entraînement sur la chaîne de l'excellence." Cette exclusion relève-t-elle d'une résistance technocratique de décideurs en partie eux-mêmes issus des grandes écoles ou y-a-t-il d'autres explications à l'ostracisme dont la CGE pense être victime ?

Les gémissements du premier de la classe mal aimé

La CGE communique sur sa plainte de ne pas être aimée tout en prétendant être l'épouse ou la bru idéale, mais évite deux points : (1) pourquoi les écoles ne sont-elles pas appréciées à leur valeur auto-estimée ? Et (2) sont-elles aussi excellentes qu'elles l'affirment ? L'appel "Oui à des grandes écoles vraiment pour tous" du 7 janvier critique les grandes écoles et les élites qui en sont issues, qui engendrent des décisions qui malmènent la société. Pas de quoi être aimé ! La qualité des grandes écoles peut être certes mesurée à l'aune de l'insertion professionnelle comme le dit le Président de la CGE, mais elle peut aussi être évaluée par la qualité des diplômés en situation professionnelle. Les grandes écoles revendiquent être un point fort de la formation en France tandis que la situation sociale, financière et économique reste médiocre dans ce pays gouverné par des élites issues en partie de ces mêmes grandes écoles. Le Président de la CGE parle d"inverser la spirale de désindustrialisation et de destruction d'emplois dans laquelle la société française est engagée". Qui l'y a engagée ?

Les écoles sont-elles exclues de la réflexion ?

Exclure la CGE d'une réflexion sur l'avenir relève-t-il donc d'un sectarisme dirigé contre la CGE ou de la volonté de se passer d'une excellence qui n'a pas fait ses preuves ? Le Président de la CGE dit que "Nous, grandes écoles, avons notre mot à dire sur l'avenir du pays". Ceux qui organisent ce genre de réflexions et les individus consultés sont et seront en partie issus, managers ou administrateurs de ces grandes écoles. Les grandes écoles seront donc dans cette réflexion, quand bien même la CGE n'y serait pas invitée en personne.

arnaud delebarre

1 février 2014

Tag(s) : #Ingénieurs, #CGE, #Société, #Education

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