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Un président d'université entre MOOC et SPOC

Jean-Claude Lewandowski affirmait en octobre 2013 que les lignes bougaient à l'Université. Dans une interview accordée à Vousnousils de février 2014, le Président de l'université Cergy-Pontoise chante la rengaine de ceux qui constatent que les MOOCs (Massive Online Open Courses) ne sont ni stupides, ni une simple mode et affirme que les SPOCs (Small Private Online Classes) sont l'avenir de l'université.

Pourtant la distance séparant MOOC de SPOC tient plus d'une différenciation de marketing ou de diplomatie, notamment pour dissimuler une prise de conscience tardive ou pour amadouer des enseignants rétifs. Les détracteurs des MOOCs font souvent semblant de ne pas comprendre que MOOCs ne veut pas seulement dire concevoir mais aussi utiliser des supports. Les SPOCs allient un mode d'apprentissage de travail individuel à l'aide de supports pouvant provenir de MOOCs, à un travail partagé avec des enseignants. Pas de quoi révolutionner l'éducation : de tous temps, les apprentissages ont compris des temps différents. L'apprentissage individuel "à la maison" a toujours côtoyé celui en classe !

Les SPOCs : une façon de faire entrer les MOOCs à l'université

D'autres ont fait le coup du "SPOC plutôt que MOOC" avant le Président de l'université de Cergy-Pontoise : un article d'octobre 2013 intitulé "Cours en ligne: pour réenchanter la révolution Mooc, passez aux Spoc" avait un sous-titre évocateur "les cours gratuits en ligne ne doivent pas remplacer les enseignants. Ils doivent rendre les cours meilleurs."

D'ailleurs, en fin d'interview, le Président oublie un peu les SPOCs et affirme que "la notion de cours magistral est perturbée par les MOOC, [...] les universités pourront s'en servir, ce qui permettra de faire plus de TD et d'accompagner la pédagogie par projet, selon le principe de la classe inversée". On voit que l'habillage des MOOCs en SPOCs n'est pas l'essentiel.

Positivons un peu. Une voix dans une université française qui ne critique pas par principe les MOOCs et qui imagine pouvoir les utiliser mérite d'être signalée ! Des enseignants redoutent que des savoirs soient en ligne et qu'ils ne soient remplacés par d'autres qu'eux, plus talentueux. Ils ont raison : l'enseignement post-Charlemagne va changer le métier d'enseignant, de la diffusion de connaissances (idéalisé par ceux qui professent mais pas par leur public, cf. cette image ou celle-là !), vers un apprentissage et une mise en oeuvre des savoirs.

arnaud delebarre

16 février 2014

Tag(s) : #MOOC, #Universités, #Education, #Enseignants, #Charlemagne, #SPOC

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