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Grandes écoles bashing et pleurniching des grandes écoles

La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) ne se sent pas considérée comme acteur national de l'éducation et de l'avenir du pays, et se dit victime d'un "grandes écoles bashing". En réaction, la CGE a opté pour une communication de "grandes écoles pleurnishing" qui devrait réussir à échouer. En effet, à part quelques écoles suffisamment différenciées, les écoles continuent d'être jugées comme les prosélytes de la sélection, les responsables de la perpétuation d'un ordre social élitiste et comme les productrices d'élites pas nécessairement compétentes et déconnectées de la réalité sociale.

Prospective : les grandes écoles à l'écoute au lieu d'être écoutées

A défaut d'être consultée pour participer à la réflexion prospective du pays, la CGE écoutera J. Pisani-Ferry (diplômé d'une grande école), commissaire à la stratégie et à la prospective, le 13 février. La CGE pourra se souvenir du sort des prospectives menées par des diplômés des grandes écoles (rapports Attali et Gallois), et de la considération des politiques pour leurs réflexions. Et puisque J. Attali avait obtenu avec l'une de ses 316 propositions un vif succès auprès des taxis, on goûtera en complément le discours de N. Rousselet, diplômé d'une grande école et PDG de G7, qui démontre que les grandes écoles ne produisent pas que des cerveaux capables de penser l'avenir.

Les grandes écoles doivent démontrer leur pertinence comme acteur sociétal

Les propositions de la CGE aux candidats de la Présidentielle de 2012 avaient obtenu peu d'écoute de la part des candidats et des médias. Avec ces démarches de prospective qui ne les consultent pas et ces rapports de prospective qui ne sont pas suivis, les grandes écoles et leurs diplômés devraient constater que la (sur)estime de soi ne leur confère pas le rôle qu'elles et ils croient mériter de jouer. Les grandes écoles doivent apprendre à démontrer leur pertinence comme acteur sociétal par des actes et des engagements. Elles ne doivent plus compter sur une déférence, une reconnaissance et une légitimité qui leur seraient dues du fait de leur excellence et de celle de leurs diplômés. L'écoute que les grandes écoles revendiquent par la CGE, n'est pas un dû et ne s'obtient pas par le statut ni le corporatisme, mais par la qualité des contenus des discours et des propositions. Et sans pleurnicher !

arnaud delebarre

9 février 2014

Tag(s) : #CGE, #Ingénieurs, #Education, #Société, #Audace

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