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Portails APB et FUN : la centralisation française en marche

Le portail "Admission Post-Bac" (APB) pour s'inscrire en études supérieures ouvre ce 20 janvier 2014 avec une large campagne de communication.

Un portail pour s'inscrire après le bac

G. Fioraso avait annoncé le 10 janvier 2014 des initiatives autour du portail "Admission Post-Bac" (APB) pour en simplifier l'utilisation. Cette année des formations rejoignent celles déjà nombreuses présentes sur le portail APB, tandis que d'autres au contraire revendiquent de ne pas avoir recours au portail APB. Voir par exemple la campagne "Intégrez ISEFAC Bachelor sans passer par APB". L'Etudiant évoque les écoles qui ne sont pas sur APB dont notamment des écoles d'art, de commerce, des instituts d'études politiques et aussi "[...quelques unes des] 215 écoles d’ingénieurs habilitées par la Commission des titres d'ingénieur [... dont] plus de la moitié [...sont] accessibles après le bac [... dont] quelques-unes préfèrent conserver leur propre organisation de recrutement." Que l'on soit du côté des lycéens ou des formations utilisant APB, la rigidité du système tout autant que son vocabulaire parfois spécifique ne tendaient pas à la sérénité, où bien souvent l'informaticien concepteur a soumis les usagers. Par ailleurs, les changements de voeux, compréhensibles pour des bacheliers hésitants sur leur orientation, sont d'une rare difficulté, passée une date fatidique, comme si le premier choix, une fois accepté, devenait inaliénable, y compris par démission. Certaines écoles d'ingénieurs avaient aussi mis en avant l'inégalitarisme et la déresponsabilisation générés, selon elles, par cette façon de choisir ses études.

Un portail pour s'inscrire aux MOOCs

L'Etat français est souvent tenté par la centralisation. Les MOOCs apparaissent ici ou là sur des initiatives autonomes : l'Etat crée une plateforme France Université Numérique pour s'inscrire dans les MOOCs qui s'y affichent. Dans son blog Educpros, quand M. Cisel pose la question "MOOC, a-t-on besoin d’une plate-forme française?", doit-on comprendre "une seule plate-forme" ? Toujours dans Educpros, un autre auteur regrette, en faisant référence à la plate-forme Ocean "des initiatives multiples de plateformes de MOOCS françaises venant quoi qu’en en dise en concurrence avec la plateforme de France Université Numérique."

Le numérique au service des étudiants ou de l'Etat ?

La plate-forme France Université Numérique dit qu'elle veut mettre le numérique au service de la réussite et de l’insertion des étudiants. APB et FUN ne sont-ils pas aussi le numérique au service de la centralisation française ? Le "There is no alternative" (TINA) attribué à M.Thatcher a fait l'objet de citations savoureuses dans un livre de B. Rothé et G. Mordillat car la France est à la fois friande de solutions censées être uniques portées par ses élites, mais aussi de rébellions contre elles.

le 21 janvier 2014

arnaud delebarre

Tag(s) : #Education, #Ingénieurs, #Universités, #Société

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