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La communauté polytechnicienne et Fukushima

La jaune et la rouge, la revue de la communauté polytechnicienne, évoque l'industrie nucléaire après Fukushima dans quinze articles du numéro 686 et un seizième dans le numéro 687. L'élite ingénieur française confirme ici son soutien à l'industrie nucléaire, soutien déjà évoqué par Mycle Schneider (cf. interview du 30 août 2013) et d'autres. Regardons cinq articles pour leur contenu ou leur forme spécifiques.

  1. L'article "Après Fukushima : comment communiquer sur le nucléaire ?" a des titres de paragraphes évocateurs. Par exemple "Mieux informer" où on comprends que les critiques de l'énergie nucléaire sont générées par une dysinformation. Les "Confusions médiatiques" car les médias disent des bêtises (d'où les opposants désinformés). "Apprivoiser les réseaux sociaux" pour éviter la dissémination des opinions réticentes ("dompter" ou "contrôler" auraient été plus appropriés que "apprivoiser" ?). "Blogueurs contre experts" : un blogueur ne peut pas être expert.
  2. "Une électricité « décarbonée » à un coût raisonnable" expose en liminaire que "le nucléaire est attractif et l’accident de Fukushima n’a pas eu d’impact significatif sur ses perspectives d’avenir. [...]. Au printemps 2013, soixante-huit réacteurs étaient en construction (soixante-cinq en mars 2011), et cent soixante et un étaient planifiés (cent cinquante-neuf en 2011)." Malgré le "décarbonée" du titre, cet article n'évoque pas l'impact carbone de l'électricité nucléaire. Les chiffres de constructions et de projets mériteraient d'être comparés à ceux du World Nuclear Industry Status Report publié en juillet 2013.
  3. "L’ingénierie doit être encore plus performante" énonce que "Fukushima est venu modifier l’activité des sociétés d’ingénierie. Tout d’abord, en augmentant le volume d’activités sur les installations en service, tout en décalant une partie des projets nouveaux. Ensuite, en validant et renforçant les démarches de maîtrise des risques nucléaires." Cet article n'aborde pas l'évolution des activités d'ingénierie pour remédier aux conséquences des accidents nucléaires. Pourtant l'ingénierie post-catastrophe de la compagnie Tepco semble très approximative.
  4. "Une révolution industrielle est nécessaire" affirme que "les évolutions [...] dans l’industrie gazière ainsi que l’interventionnisme institutionnel dans les politiques énergétiques vont radicalement transformer le paysage énergétique [...] l’industrie nucléaire devra [...] travailler sur des modèles complètement nouveaux dans les domaines économiques et même réglementaires". L'article s'achève par un encadré sur les "Small Modular Reactors" (SMR) incarnant un futur à l'électricité nucléaire.
  5. Ces SMR font l'objet de l'article "Centrales immergées : un concept en rupture" pour produire de l'électricité à moins de 100€/MWh. Des modules préfabriqués sont placés sur des barges ou immergés (e.g. Flexblue). "Les aménagements de site et de génie civil sont très réduits, l’installation n’a pas d’impact sur le paysage, et, en fin de vie, le site est rendu très simplement à l’état ex ante : les modules sont retournés dans leur chantier de construction pour y être démantelés, [...]." Malgré une vignette latérale qui affirme "Des accidents graves virtuellement impossibles", l'auteur ne détaille pas pourquoi ces SMR immergés sont plus sûrs.

En guise de conclusion : on peut objecter que "virtuellement impossible" est maladroit car un impossible, si il est virtuel, ne devient-il pas possible ? L'article "Après Fukushima : comment communiquer sur le nucléaire" ne sera donc pas vain.

24 novembre 2013

arnaud delebarre

Tag(s) : #Nucléaire, #Fukushima, #Energie, #Ingénieurs, #Alumni

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