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Les Universités bougent-elles ?

Jean-Claude Lewandowski dans http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2013/10/11/les-lignes-bougent-a-luniversite/ énonce six lignes qui bougeraient ou pourraient évoluer dans les Universités : 1. La hausse des frais de scolarité; 2. Plus largement, la question du financement; 3. Les relations avec les entreprises; 4. La sélection; 5. L'ouverture des universités; 6. La tradition d'accueil des étudiants étrangers.

Ces lignes frémissent-elles vraiment, ou n'est-ce pas plutôt un voeu de l'auteur ou la réalité de quelques rares composantes des Universités ? On peut cependant raisonnablement douter de la capacité des Universités à prendre en compte la réalité qui les entoure et aller plus loin que les gémissements sur la rareté des moyens. A titre d'illustration, l'appel à une opération dite "vérité" écrit par Pascal Maillart (http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-maillard-1) montre bien que les Universités ont négligé de prendre en compte la dureté budgétaire des temps futurs. La plupart des Présidentes et Présidents des Universités, dont certains sont qualifiés de courageux, ont plutôt été imprévoyants, se plaignent de leurs dotations et font souvent dans l'urgence des corrections à coup de gel de postes ou de désengagement de centres, alors qu'ils auraient dû légitimement se préoccuper plus en amont du coût de leur offre de formations et du peu d'usage de technologies permettant de gagner en efficacité et en productivité. J'ajouterais donc un septième point aux six proposés : les Universités devraient aussi se doter de moyens de veille et de stratégie pour anticiper et prévoir des évolutions nécessaires plus en amont.

Un huitième point d'évolution possible pour les Universités pour qu'elles puissent faire face en temps utile aux menaces et contraintes, mais aussi qu'elles puissent profiter d'opportunités, est évoqué en creux dans le blog de Gaia Universitas notamment dans l'article "AMU, c'était mieux avant" http://rachelgliese.wordpress.com/2013/10/13/amu-cetait-mieux-avant/#more-10719. Le management dans les Universités qui veut toujours passer pour un modèle de démocratie, est aussi une machine à broyer les initiatives car le fonctionnariat et le peu de mobilité des personnels au sein des Universités a tendance à les rendre dociles pour ne pas obérer leur carrière. De plus, la cascade d'instances qui donnent des avis ou des décisions sur des projets au sein des Universités est une source de conservatisme qui ajoutée à l'allégeance nécessaire à une Présidence pour sa progression personnelle, peaufinent cette machine créaticide. Quand on regarde les regroupements d'Universités et les PRES ou communautés, on ne voit pas de lignes qui bougent de ce côté.

Un neuvième point d'évolution potentielle sans doute un peu plus futile est aussi l'usage intensif du vote comme outil de choix et de décision. Qui plus est du vote à bulletin secret : le représentant doté d'un droit de vote n'est donc pas redevable d'explicitations de ses choix. Le vote a aussi l'inconvénient de rejeter tel ou tel projet ou d'en accepter un autre, mais pas de bâtir des solutions modifiées ou susceptibles d'être modifiées pour faire adhérer plus d'acteurs autour d'elles.

Pour finir, il est à noter les enseignants dans les Universités sont souvent persuadés que les temps d'évolution sont longs dans le domaine de l'éducation. Il est vrai que quand on utilise encore un concept de classe inventé par Charlemagne, cela semble donner du temps. Cette perception de temps longs qui est un hymne à la procrastination généralisée semble cependant battue en brèche quand on voit l'irruption de nouvelles technologies ou les jeux d'alliances et de regroupements. Là aussi l'Université devrait apprendre à douter un peu et à être un peu plus réactive.

arnaud delebarre

13 octobre 2013

Tag(s) : #Education, #Universités, #Autonomie

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